samedi 15 août
La Première ministre Elisabeth Borne en a fait une priorité nationale et annoncé fin septembre un plan interministériel de lutte contre le harcèlement à l'école et le cyberharcèlement (lire ci-contre). Mais la question interroge aussi la société civile. 5 à 10% des élèves seraient victimes de harcèlement scolaire. En tant qu’associations d’éducation populaire, l’Acsep et les Ceméa, Lucas Héraud pour l’une et Samir Chtaïni pour l’autre, ont décidé de s’emparer du sujet à travers… une exposition. Mais pas n’importe laquelle ! Nullement contemplative, Eilha, pour Exposition interactive de lutte contre le harcèlement, va se construire au fil des retours recueillis par ses concepteurs, des évolutions législatives aussi. « C’est un projet mouvant », expliquent-ils, en se projetant sur « la conception de kits pédagogiques et la création d’outils interactifs ».
Le prototype d’Eilha a été confié aux étudiants de master 2 de l’Ecole de design Nouvelle- Aquitaine, à Poitiers, où il a été présenté en avant-première en présence de gendarmes de la Maison de protection des familles. A première vue donc, neuf panneaux posés à terre comme une invitation à tourner autour. Tous sont reliés par la forme et par le fond à un plateau géant sur lequel se dressent neuf quartiers à visiter : « numérique » sur le cyberharcèlement, « justice » sur la législation, « ressources » pour rappeler entre autres les numéros verts…
Très colorée, la première version est destinée aux élèves du CE2 à la 5e. Une autre pour leurs aînés est prévue en janvier 2025. Entre-temps, les cinq établissements scolaires de la Cité éducative des Couronneries serviront de terrain d’expérimentation, avant un déploiement plus large, y compris en milieu rural. « Cet outil va être le point central d’un dispositif scolaire et périscolaire à destination des élèves mais aussi d’accompagnement des adultes référents (parents, enseignants, agents d’entretien, concierges, bénévoles d’associations…) », résume Samir. Avec un suivi dans le temps.
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