Aujourd'hui
La vie à l’usine
Le bassin industriel du Châtelleraudais cherche encore et toujours des candidats. Environ 400 postes sont à pourvoir dans les grands groupes comme chez leurs sous-traitants. Les opérations séduction se multiplient.
C’était mardi 28 octobre 2025, à l’Ecole de Paris des Métiers de la Table située à Paris. Après des semaines d’un entraînement intensif- sous l’œil exigeant mais bienveillant de Pierre Jérôme, chef chocolatier chez Fink- Valentine Coiffard a reçu la plus haute distinction décernée à une apprentie en France. Une médaille d’autant plus précieuse qu’elle lui a été remise par deux figures de référence : Quentin Bailly, champion du monde de chocolaterie, et Aurélien Rivoire, considéré par Valentine comme l’un des meilleurs chocolatiers actuels. « La médaille est magnifique, mais la recevoir de leurs mains, c’était irréel », souffle l’apprentie du Campus de métiers de l’artisanat Formation de Saint-Benoît. Pour atteindre la finale nationale, les neuf candidats ont dû faire l’étalage de leur talent lors des épreuves régionales. Valentine y avait choisi de représenter Jeanne d’Arc, avec une pièce intitulée Le Bouclier du Martyr. « Le thème imposé pour 2025 était Femmes de l’Histoire. Le même thème a été conservé pour la finale, ce qui nous a permis de perfectionner nos créations », sourit-elle encore, un peu incrédule.
A Paris, les finalistes disposaient de sept heures, chacun à leur poste, pour réaliser plusieurs créations techniques (tablette, pâte à tartiner, caramel), ainsi qu’une pièce artistique libre. Valentine a imaginé une composition mêlant symboles et précision : « un blason, une couronne, une fleur de lys, une tour avec son drapeau, et même un chevalier entièrement en chocolat », énumère-t-elle. Malgré la qualité de son travail, elle n’osait pourtant pas y croire. « Autour de moi, il y avait des pièces impressionnantes. J’ai vite renoncé à tout espoir… » Le jury, lui, ne s’y est pas trompé. Il a salué la cohérence d’ensemble, la maîtrise technique et « l’équilibre des saveurs » de ses créations.
A force d’heures d’entraînement- souvent de 5h à 16h- et de répétitions minutieuses, Valentine s’est glissée jusqu’à la première place qu’elle dédie à son équipe. « Le chef Alexandre Gely nous encourage à suivre des concours. Sans son matériel, la matière première, et sans la confiance de Pierre Jérôme, je n’aurais pas réussi. » Difficile d’imaginer, il y a encore trois ans, que Valentine deviendrait la deuxième MAF de son CFA récompensée dans les métiers de bouche. À l’époque, elle doute, tâtonne, et se cherche. Une certitude, pourtant, demeure : « Je ne suis pas faite pour les métiers de bureau. » Après un stage qu’elle juge « ennuyeux » et des études en LEA où elle ne trouve pas sa place, elle quitte tout pour revenir à son premier amour : la pâtisserie. Cette passion, elle la tient de sa grand-mère, dont elle garde en mémoire les gestes précis et la douceur des recettes familiales. Valentine obtient un CAP pâtissier, puis un CAP chocolatier, découvrant un univers où la rigueur se mêle à la créativité. Aujourd’hui, elle prépare un brevet technique des métiers de chocolatier-confiseur avec la tête remplie d’ambition, bien décidée à transformer chacune de ses futures « médailles en chocolat » en or.
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