Aujourd'hui
La vie à l’usine
Le bassin industriel du Châtelleraudais cherche encore et toujours des candidats. Environ 400 postes sont à pourvoir dans les grands groupes comme chez leurs sous-traitants. Les opérations séduction se multiplient.
Salaires plus élevés, management plus difficile, pénibilité, capacité d’adaptation... Les clichés sur les seniors en entreprise (ou pas) ont la vie dure. A telle enseigne que 60,4% des 55-64 ans étaient en emploi en 2024, contre 65,2% dans les autres pays européens. A l’automne 2024, syndicats et patronat ont conclu un accord national interprofessionnel qui s’est traduit un an après par la loi du 24 octobre 2025 (voir encadré). « On ne peut pas parler de reconsidérer l’âge de la retraite et penser qu’à 58 ou 60 balais, on est trop vieux pour bosser, assure le préfet de la Vienne Serge Boulanger. Dans la Vienne, ce n’est pas un petit sujet (voir repères). La part des seniors en recherche d’emploi est beaucoup plus importante rapportée à la population que la moyenne régionale. C’est tellement en contradiction avec ce que me disent tous les jours les chefs d’entreprise sur leurs difficultés de recrutement... »
Heureusement, certaines entreprises font fi des barrières précitées. A l’image de Moreau-Lathus, une PME du bâtiment qui compte 30% de plus de 50 ans et 15% de plus de 55 ans. « Ces cinq dernières années, nous avons embauché quatre personnes de plus de 50 ans, dans la production et l’encadrement, abonde Catherine Lathus. On fait en sorte d’accompagner tous les salariés seniors avec des aménagements, l’achat de matériels ou d’équipements adaptés... » Mais la présidente de la Chambre de commerce et d’industrie de la Vienne avance un frein, coriace, à l’embauche. « C’est l’entreprise dans laquelle il se trouve au moment où il faut valoir sa maladie professionnelle qui porte la totalité de la responsabilité financière du sujet... »
Dans un autre secteur, la relation client, les seniors sont encore rares. Mais l’opérateur Armatis joue la carte de la séduction et de la main tendue et de la souplesse en termes horaires et de missions. « On est sur de l’accompagnement individualisé, les seniors sont importants (20% de ses effectifs, ndlr) parce qu’ils stabilisent nos équipes grâce à leur expérience, leur maturité », estime Fabienne Maurer, responsable RH. Même ouverture d’esprit pour Philippe Chatellier, dirigeant de l’Huilerie de Neuville. Il a intégré deux quinquas dans sa TPE en 2025, à la suite d’une préparation opérationnelle à l’emploi individuelle (POEI). Une formation de trois mois « qui fait office de période d’essai ». « Et ça se passe très bien aujourd’hui... », conclut-il.
DR Archives Le 7À lire aussi ...