Aujourd'hui
La vie à l’usine
Le bassin industriel du Châtelleraudais cherche encore et toujours des candidats. Environ 400 postes sont à pourvoir dans les grands groupes comme chez leurs sous-traitants. Les opérations séduction se multiplient.
350 jeunes en visite, 400 postes proposés. Il serait tentant de penser qu’un forum des métiers de l’industrie, à Châtellerault(*), suffirait presque à résoudre le manque de main-d’œuvre des Safran, Thalès, Marelli et autres mastodontes de l’aéronautique et de l’automobile. Eh non, la séduction des futurs professionnels (techniciens, ingénieurs, etc) s’opère sur le temps long... « Il y a des idées un peu toutes faites dès qu’on parle d’industrie », reconnaît David Gautier, manager d’un pôle d’excellence chez Safran. Alors les professionnels s’évertuent à « démystifier les croyances » et à donner envie, par exemple de réparer des moteurs d’avion.
« Il faut aussi montrer aux familles que c’est un secteur d’avenir avec des emplois, des compétences et des salaires au-dessus de la moyenne », abonde Stéphane Daudon, délégué général du Medef de la Vienne. Dans le bassin châtelleraudais, la part de l’emploi industriel dans le secteur privé s’élève à 40% avec 8 200 postes à la clé. Ce qui en fait le deuxième bassin de Nouvelle-Aquitaine en proportion, avec des ramifications jusqu’à... Mirebeau, siège de Stivent Industrie. « Nous essayons d’accueillir des jeunes pour leur montrer concrètement la réalité de nos métiers », témoigne Marine Vercruyce, responsable RH. Fin 2025, la PME de 26 salariés, spécialisée dans les systèmes d’aspiration industriels, était en quête d’un dessinateur et d’un chargé de projet.
Chez Carambar & co aussi, on cherche à attirer des talents. L’usine de fabrication de confiseries de Saint-Genest-d’Ambière (186 salariés) cherche « en priorité des techniciens de maintenance et des opérateurs de ligne ». « On reste une entreprise peu connue, et avec les départs en retraite qui arrivent, on a besoin de visibilité », commente Mathilde Mesnager, responsable RH du site. Le rachat du groupe par le géant américain Ferrero devrait au passage renforcer l’assise de Carambar & Co. Reste à trouver les futurs collaborateurs...
(*)Organisé le 20 novembre par l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM).
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