À la poursuite du Père Noël : Humour, magie… et une touche de gravité

Sans révolutionner le genre, À la poursuite du Père Noël réunit les ingrédients d’une comédie familiale réussie et aborde avec humour et subtilité la question du harcèlement scolaire.

Charlotte Cresson

Le7.info

Un visage d’ange, une voix toute mignonne, Zoé, 7 ans, a fait sa liste au Père Noël. Cette année, ce que souhaite la petite fille c’est…. une sarbacane M107 (à défaut d’avoir l’âge pour le fusil). Un étonnant cadeau destiné à venger la petite blondinette de l’insupportable Timothée de Gélas qui lui fait vivre l’enfer à l’école. Mais à minuit, c’est la déception. Le cadeau déposé sous le sapin est loin de correspondre à sa demande. Déterminée, la fillette intrépide s’embarque alors dans une quête improbable : retrouver le véritable Père Noël pour lui faire corriger son erreur et obtenir enfin la vengeance tant attendue. 

À la poursuite du Père Noël réunit tous les ingrédients d’une comédie familiale de Noël : un univers coloré, des décors festifs, un ton bon enfant, un héros enfantin prêt à défier les adultes (petite pensée à Kévin McCallister) et, bien sûr, un costume rouge vif (porté ici par Patrick Timsit). James Huth joue la carte de l’énergie et de l’humour, et ça marche. Le montage vif, les situations exagérées, les décors colorés évoquent un véritable conte de Noël moderne.  Certains pourraient reprocher les clichés de la vengeance enfantine ou de la famille bourgeoise cruelle mais le film réussit à se démarquer en abordant le thème du harcèlement scolaire à travers le regard de Zoé. Ainsi, le long-métrage ne se contente pas d’une vengeance fantaisiste. Derrière la sarbacane demandée, c’est moins la revanche que le désir d’être enfin entendue, respectée, ou simplement reconnue. Le réalisateur prend subtilement le parti de donner corps à une souffrance ordinaire et de la rendre visible, même dans un cadre festif. L’effet de surprise repose aussi sur la performance d’Isabelle Nanty, que l’on découvre en méchante guindée et détestable. L’actrice s’adapte en effet parfaitement au registre en incarnant de façon caricaturale mais crédible une patronne hautaine et une matriarche méprisante. La mission est accomplie : le spectateur la déteste et l’empathie envers Zoé est renforcée. 

À la poursuite du Père Noël ne révolutionne pas le genre mais propose une comédie familiale honnête, fraîche et efficace, qui mêle la magie de Noël à une petite révolte d’enfance. On en ressort avec un sourire, un peu de mélancolie et l'envie de croire encore un peu au Père Noël.

Comédie de James Huth avec Théa de Boeck, Patrick Timsit, Isabelle Nanty (1h37). 

DR

À lire aussi ...