L’entreprise au défi des troubles psy

Anxiété, dépression, mal-être… Ces dernières années, les troubles psychiques s’invitent de façon croissante dans le monde du travail. Si les difficultés sont réelles, des solutions existent pour améliorer le quotidien des salariés.

Charlotte Cresson

Le7.info

Pour Grégoire(*), se rendre au travail était presque devenu insurmontable. Atteint de troubles anxio-dépressifs depuis plusieurs années, le travailleur social a enchaîné les arrêts maladie ponctuels avec toujours la même crainte : 
« la peur du jugement » de ses collègues. Suivi par un psychiatre et la médecine du travail, le jeune homme bénéficie aujourd’hui de solutions pour l’aider à effectuer ses tâches sereinement tout en prenant soin de sa santé mentale. 
« J’ai un bureau assis-debout et, depuis peu, un temps partiel thérapeutique à 80%. Je ne tenais plus à temps complet. » 
Troubles anxieux, dépressifs, troubles du spectre de l’autisme (TSA) ou bipolaires, handicaps invisibles... Comme Grégoire, « une personne sur quatre est touchée par un trouble psychique au cours de sa vie, rappelle Jeanne Grosseau-Poussard, coordinatrice du programme territorial de santé mentale. Alors, heureusement que ce n’est pas incompatible avec le travail. »

Des salariés 
à accompagner

En fonction du trouble, les salariés peuvent être confrontés à des difficultés diverses. « Entretiens d’embauche valorisant les codes sociaux, consignes floues, open spaces bruyants… » Une personne présentant un trouble autistique se heurte, par exemple, à un environnement professionnel pensé pour les « neurotypiques » 
constate Jessica Najarian, chargée de maintien pour Cap emploi. Mais des solutions existent et des aménagements simples peuvent faire la différence. « Cela peut être un casque pour être au téléphone sans être dérangé par le bruit autour, un casque anti-bruit ou des bouchons d’oreilles. La lumière peut aussi être adaptée afin d’être moins agressive. Les consignes écrites sont également privilégiées aux consignes orales et les horaires fixes sont indispensables. » 


Des organismes 
spécialisés

Dans la Vienne, employés et entreprises peuvent compter sur l’accompagnement d’organismes comme Cap emploi, l’ASSTV 86 ou l’Agefiph. « A Cap emploi nous accompagnons les personnes en situation de handicap dans leur recherche d’emploi et au-delà. La médecine du travail peut également nous solliciter pour assurer le maintien à l’emploi », précise Jessica Najarian. De son côté, l’Agefiph propose des services et aides financières dédiés aux personnes en situation de handicap et aux employeurs. Depuis 2018, les entreprises ont également la possibilité de se former aux premiers secours en santé mentale pour savoir comment agir. Une avancée encore loin d’être systématique. « Aujourd’hui, il faudrait que cette formation soit proposée automatiquement, comme pour le PSC1 (Prévention et secours civiques, ndlr) », estime Jeanne Grosseau-Poussard. Mais les efforts sont là et les choses évoluent positivement. 
« Je pense que le handicap et les troubles liés à la santé mentale sont beaucoup moins un frein qu’avant. A Cap emploi 86, nous avons vu le nombre de maintien à l’emploi augmenter ces dernières années », reprend Jessica Najarian. De quoi être optimiste.

(*)Prénom d’emprunt.

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