Aujourd'hui
La vie à l’usine
Le bassin industriel du Châtelleraudais cherche encore et toujours des candidats. Environ 400 postes sont à pourvoir dans les grands groupes comme chez leurs sous-traitants. Les opérations séduction se multiplient.
L’usine Dassault va doubler sa superficie aux abords de l’aéroport de Poitiers-Biard, soit 2 000m2 pour honorer une commande de l’Etat. Spécialiste de la fabrication des verrières de l’avion de chasse Rafale, le site se voit conforté dans ses activités. L’arbre qui cache la forêt dans la Vienne ? Non, car « pas mal d’entreprises de l’aéronautique s’en sortent bien », juge Philippe Jehanno. Mais les éclaircies -le Futuroscope et son futur plan d’investissements massif en font partie- n’ont jamais abouti à une météo au beau fixe. « La vraie incertitude, poursuit le président de l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie), est liée au contexte politique. Au Parlement, on regarde d’abord quelles taxes on va pouvoir ajouter au lieu de s’intéresser aux économies, ce qu’on fait dans le monde économique... »
L’enquête de conjoncture(*) publiée à l’automne par le Medef traduit en chiffres ce contexte d’attente voire d’attentisme dans lequel baignent les chefs d’entreprise. « Les intentions d’investissement sont au plus bas depuis 2023, à 42% (46% il y a un an), indique l’organisation patronale. Cette situation révèle les tensions et les craintes des entrepreneurs face à l’instabilité politique et aux fortes incertitudes qu’elle provoque, s’associant aux difficultés internationales liées aux conflits et à la guerre commerciale menée par les Etats-Unis dont les conséquences de long terme restent encore floues. »
En dépit de cette forme de morosité latente, l’activité économique est demeurée globalement stable au troisième trimestre 2025. Les entrepreneurs de la Vienne sont 41% à se déclarer « satisfaits », contre 43% au deuxième semestre et 40% il y a un an. Ce qui vaut pour « hier » ou « aujourd’hui » ne vaut pas pour demain. 31% anticipent « une activité satisfaisante pour les mois à venir contre 34% cet été et 43% il y a un an ». Le signe d’une confiance fragile. Et sans surprise, les acteurs du commerce et de la distribution sont les plus inquiets pour leur avenir. 14% seulement jugent leur activité satisfaisante contre 15% au trimestre précédent et 10% il y a un an. Les redressements et liquidations judiciaires sont d’ailleurs en nette hausse dans ce secteur. A l’inverse, la confiance semble de mise dans l’industrie (cf. p.6), le BTP et les services, où 55% des sondés estiment leur niveau d’activité satisfaisant.
Côté trésorerie, « de légères tensions se confirment » d’après le Medef. Seuls 45% des entrepreneurs de la Vienne trouvent leur trésorerie satisfaisante contre 51% au second trimestre. En cause ? « Les différents chocs de coûts (inflation et énergie notamment) associés à l’atonie économique (investissements, demande des ménages) et les difficultés croissantes de certains secteurs. » Vivement l’embellie !
(*)149 chefs d’entreprise employant plus de 8 200 salariés.
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