Insertion : les chantiers à la peine

Les structures d’insertion par l’activité économique de la Vienne s’inquiètent de la baisse récurrente des budgets publics qui leur sont dédiés. Au-delà de l’emploi, la question de la cohésion sociale est posée.

Romain Mudrak

Le7.info

En 2025, l’ensemble des 
46 Structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) de la Vienne ont dû refuser près de 300 personnes en difficulté professionnelle, faute de moyens pour les payer et les accompagner. Autrement dit, un contrat d’insertion sur dix n’a pas été renouvelé par rapport à l’année précédente. Et cette situation pourrait bien se dégrader davantage en 2026. Le budget de l’Etat en faveur de l’insertion diminue. Conséquence, le quota d’emplois que ces structures ont l’autorisation de proposer se réduit, tout comme les subventions publiques qui financent le travail des accompagnateurs socio-professionnels, dont le rôle est de lever les freins vers l’emploi en termes de santé, mobilité, garde d’enfants… (lire ci-dessous).

Alors que députés et sénateurs doivent s’accorder sur un budget à Paris, les responsables des SIAE du 86 multiplient les rencontres avec les élus locaux depuis plusieurs mois. Une façon de rappeler un certain nombre de messages. « Investir dans l’insertion, c’est favoriser le développement économique local mais aussi la cohésion sociale et la dignité des personnes », 
souligne Pierre Jolly, président d’Insersud, la plus grande SIAE de la Vienne avec une centaine de salariés en insertion et 
25 encadrants. Spécialisée dans l’entretien des espaces verts, le nettoyage des parties communes d’immeubles et la conciergerie pour les particuliers, cette régie a perdu 100 000€ d’aides en 2025 et 3 postes en équivalent temps plein, soit le double de bénéficiaires puisque les contrats sont à temps partiel. « Résultat, même quand on gagne un marché, on n’a pas le droit de recruter pour le réaliser », 
poursuit l’intéressé.

Des activités sacrifiées

En perte de trésorerie, certaines SIAE sont menacées de cessation de paiement. D’autres ont choisi de couper des branches entières de leur activité. L’ADELC, à 
Lussac-les-Châteaux, a fermé son chantier de maraîchage il y a quelques mois. Idem du côté de l’association Harpe, qui gère les restaurants L’Entracte et L’Ile Jouteau à Poitiers, ainsi qu’une filiale de nettoyage (18 postes en insertion et 7 à 10 encadrants selon la saison). « On a perdu 30% de subventions en trois ans alors on a préféré stopper l’entretien des bâtiments, ce qui nous a obligés à licencier une dizaine de personnes », explique Denis Renaudin, président de l’association. Faute de mécénat dans leur secteur, les SIAE sont contraintes de « devoir réaliser plus de chiffre d’affaires avec moins de salariés ». Une équation compliquée à résoudre.

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