Aujourd'hui
La vie à l’usine
Le bassin industriel du Châtelleraudais cherche encore et toujours des candidats. Environ 400 postes sont à pourvoir dans les grands groupes comme chez leurs sous-traitants. Les opérations séduction se multiplient.
Alexis, 32 ans
mécanicien cycles
Depuis septembre dernier, les cyclistes de Poitiers et ses environs peuvent compter sur un réparateur pas comme les autres. Alexis Sebastian a en effet longtemps évolué dans des univers bien éloignés de la mécanique vélo. Lassé d’une certaine routine, l’ingénieur se dirige vers l’Education nationale et devient professeur de physique-chimie, mais l’envie de liberté est trop forte. Il finit par demander une rupture conventionnelle.
« Cela a toujours été comme ça. Dès qu’un boulot commence à m’ennuyer, j’arrête. » Pour sa reconversion, le passionné de vélo ne laisse pas de place à l’improvisation et se forme au métier de mécanicien cycles au Centre de formation d’apprentis de Saint-Benoît. Une étape clé qui lui permet de sécuriser sa transition professionnelle tout en acquérant une solide expertise. Pendant dix-huit mois, Alexis est alternant dans une boutique de Niort avec un objectif : « être polyvalent ». Mais travailler dans un magasin n’est pas ce qu’il souhaite. « Dès le début, je voulais être indépendant. » Son diplôme en poche en 2024, le mécanicien cycle fonde I will be bike pour effectuer réparation et révision de vélos à domicile. Mais les débuts sont difficiles. « Il faut être prêt à passer par la case précarité. »
Le mécanicien lance alors un financement participatif pour compléter son outillage, acheter des pièces, les différents labels nécessaires… et un vélo cargo. Quelques mois après ses débuts, Alexis commence à se faire un nom dans le paysage poitevin. Le petit plus ? Une indépendance qui lui permet de jongler entre son métier et sa passion pour la musique.
Rachael, 36 ans
agricultrice
Changer de métier est une chose. Changer de pays en est une autre ! Pour Rachael Davis-Adams, la reconversion professionnelle n’a rien d’un simple virage. Au Royaume-Uni, la Britannique dirigeait sa propre entreprise de design pour véhicules. Un métier stable et rentable, mais loin de ses racines. « Ayant grandi dans une petite ferme, entourée d’animaux, le plein air a toujours été l’endroit où je me sentais le mieux », explique-t-elle. Son mari et elle achètent alors une petite ferme au nord de l’Angleterre et y élèvent des moutons comme activité secondaire. Puis une révélation. « La présence d’une porcherie à proximité m’a fait réaliser que ma véritable passion pour les animaux se trouvait du côté des cochons. » La décision de venir en France, elle, se fera ensuite très vite. Après tout, « on n’a qu’une seule vie, alors pourquoi ne pas tenter l’aventure ? »
Neuf mois plus tard, en 2018, la famille s’installe à Availles-Limouzine. Mais changer de pays complique tout. « Non seulement j’apprenais le français, mais j’avais aussi l’impression d’apprendre une autre langue : celle de l’agriculture française. » Mais Rachael s’adapte et devient éleveuse porcine à temps plein sur les seules économies familiales. « Vert et Plein Air » propose aujourd’hui des produits britanniques de qualité, « sans produits chimiques et respectueux du bien-être animal ». Son expérience passée est un atout et l’aide à « promouvoir [sa] ferme, concevoir [ses] flyers »
et communiquer. Son revenu a baissé, mais tout fait sens désormais. « L’agriculture est un mode de vie. Je peux le partager avec nos enfants. »
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