Aujourd'hui
Tous concernés
L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne.
C’est LE livre qu’elle aurait aimé lire quand elle traversait l’adolescence en zone de turbulences maximales. Djina Pennetault a mis quatre ans à coucher sur le papier « les blessures de l’enfance, les traumatismes et les silences » qu’elle a dû affronter, comme ses amies. Harcèlement scolaire, dépression, violences conjugales, perte d’un enfant… Son « paquet » de jeune femme (21 ans) est lourd, mais Quand le silence parle en mots lui permet de voyager aujourd’hui un peu plus léger. « J’ai commencé à écrire à 13 ans après la perte de mon grand-père qui était comme mon papa, développe-t-elle. En parlant autour de moi, je me suis vite rendu compte que des amies souffraient de dépression, de troubles du comportement alimentaire… »
Autant de maux dont elle a elle-même souffert, en plus du harcèlement physique et moral, subi au collège et au lycée. « On me donnait une corde et on me disait d’aller me pendre… » Alors elle a mis des mots (crus) sur des maux, bien réels, autour de trois chapitres : L’ombre, La traversée, Renaissance. Avec un message essentiel à celles et ceux qui souffrent en silence, notamment les plus jeunes : « Vous n’êtes pas seuls… Moi, j’ai eu la chance d’être suivie par une super psychologue à Saint-Julien-l’Ars qui a tout de suite pris en considération ma parole, mais combien d’adultes sont vraiment à l’écoute de ce qu’on ressent ? », s’interroge l’étudiante en master Meef (Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation), à Bordeaux.
Face au fléau de la santé mentale des jeunes, l’ensemble scolaire Saint-Jacques-de-Compostelle répond par un renforcement de ses dispositifs. Coordonnateur de la vie scolaire, Benjamin Barbeau s’est formé aux Premiers secours en santé mentale pour épauler Murielle Joyeux. « On constate depuis plusieurs années une augmentation des passages à l’espace santé, entre 20 et 30 et jusqu’à 40 par jour. Le motif le plus courant, c’est le mal-être », reconnaît la responsable santé. Et l’intéressée d’ajouter : « Avant, je gérais des PAI (Projet d’accueil individualisé) pour des allergies alimentaires ou de l’asthme. Aujourd’hui, c’est pour des autorisations de sorties de cours, des emplois du temps adaptés… » En presque vingt ans de pratique, Murielle Joyeux a vu les réseaux sociaux envahir l’espace des ados, « plus vraiment disponibles pour apprendre ».
Même si elle ne « soigne pas », elle s’efforce d’écouter et d’orienter vers les professionnels de santé les plus à même d’aider les ados en souffrance. Le renfort de son collègue pour « recueillir la parole et apaiser » ne sera donc pas de trop. Chaque semaine, une infirmière psy de Mosaïque, l’une des structures du centre hospitalier Laborit, assure une permanence. Quand elle exercera comme professeure d’arts plastiques, Djina Pennetault s’est promis d’être « très vigilante » sur la santé mentale de ses élèves.
Quand le silence parle en mots, de Djina Pennetault - Hello Éditions, 61 pages - 15,90€.
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