Télémédecine : 
en avant toute

Téléconsultation, téléexpertise, télésurveillance ou encore télérégulation : derrière le terme de télémédecine se cachent plusieurs pratiques médicales. Au CHU de Poitiers, leur développement s’accélère pour faciliter l’accès à l’expertise médicale.

Pierre Bujeau

Le7.info

La télémédecine n’est plus marginale au CHU de Poitiers. « C’est véritablement une forme de pratique médicale », 
explique Isabelle Aveline, directrice de la direction des coopérations du CHU de Poitiers. Sa particularité ? Elle s’exerce à distance grâce aux technologies de la communication. Le terme recouvre plusieurs usages, dont la téléconsultation et la téléexpertise. Cette dernière connaît aujourd’hui un essor important. Concrètement, un médecin généraliste peut solliciter à distance l’avis d’un spécialiste du CHU sur le dossier d’un patient. Une façon d’obtenir une expertise sans nécessairement adresser le malade à l’hôpital. « Les intérêts et les enjeux ont été assez vite compris par les professionnels de santé », observe Isabelle Aveline. Pour le médecin de ville, le dispositif permet d’obtenir plus facilement un avis spécialisé. Pour le praticien hospitalier, il peut aussi contribuer à mieux organiser les consultations. « Une téléexpertise peut éviter la programmation d’une consultation médicale de spécialiste, parfois avec beaucoup d’attente, et éviter l’inertie entre deux rendez-vous de consultation. »


11 500 téléexpertises en un an

Les chiffres illustrent cette montée en puissance. En 2024, environ 6 000 téléexpertises ont été réalisées au CHU. Un an 
plus tard, le chiffre atteignait 11 500. La télémédecine ne concerne toutefois pas que les échanges entre médecins. Dans le cadre de la régulation médicale, la visioconférence peut permettre au médecin régulateur d’observer directement un patient et d’accéder à certaines données de santé en temps réel. Loin d’une simple digitalisation des pratiques, la télémédecine devient aussi un outil de coopération, dans un contexte de raréfaction des médecins. Le CHU a notamment développé les 
« télestaffs ». Son objectif ? Réunir à distance plusieurs professionnels autour d’un dossier médical afin de croiser les expertises et les regards. Médecins du CHU, établissements hospitaliers du territoire et généralistes peuvent ainsi échanger sans que chacun ait à se déplacer. « On améliore la coopération entre les soignants et la transmission des connaissances, tout cela au service du patient », résume Isabelle Aveline. Après plusieurs années de déploiement, le CHU entend désormais poursuivre sur cette voie. De nouvelles offres de téléexpertise et de « télestaff » 
doivent voir le jour dans différentes spécialités comme la pédiatrie, la chirurgie pédiatrique, l’urologie ou encore le handicap.

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