Aujourd'hui
Tous concernés
L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne.
A l’intérieur, il désigne du doigt le plafond de son bureau dont deux plaques de placoplâtre sont séparées d’un bon centimètre. Dehors, Jean-Michel montre le linteau au-dessus de sa porte d’entrée, fissuré lui aussi, comme le bas du mur lézardé à hauteur de la longrine… « Cet été, je ne pouvais plus fermer à clé la porte d’entrée, elle est pourtant presque neuve », explique le propriétaire d’un pavillon de 120m2 à Vouneuil-sur-Vienne. La sécheresse des derniers mois a occasionné quelques dégâts supplémentaires sur un bien déjà « rafistolé » en 2016 et encore fragilisé en 2022.
Comme une maison sur deux en France -le chiffre de 11 millions de biens est avancé- celle de Jean-Michel et Sonia est victime du phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA). « Nous avons acheté en 2008 et nous savions qu’il y avait eu un petit mouvement de terrain, mais des travaux avaient été effectués », explique Jean-Michel. Sauf qu’en 2016, la maison a de nouveau montré des signes de faiblesse. Des fissures horizontales sont apparues sur la façade. Le couple a déclaré le sinistre à son assurance après avoir vu « par hasard dans le journal » l’arrêté de catastrophe naturelle frappant la commune. Un expert est passé, a commandité des travaux de consolidation de la façade, puis de traitement des fissures intérieures, pris en charge par la compagnie.
Mais depuis, malgré l’abattage de six chênes autour de leur maison, Jean-Michel et Sonia(*) ont constaté de nouveaux dommages et réalisé une deuxième déclaration auprès de leur assureur, mi-2023. Une expertise en plusieurs étapes s’est déroulée à partir de mi-2025, avec notamment une analyse de sol. Des travaux de plus grande ampleur devraient intervenir… à une date qui reste à déterminer. Injection de résine ou pose de micropieux, il ne sait pas encore quelle solution sera privilégiée pour renforcer la structure des fondations. Ce qui est certain, c’est que, douze à dix-huit mois après ce premier chantier, les propriétaires devront déménager quelque temps pour permettre aux entreprises d’intervenir à l’intérieur. « A la fin, nous aurons une maison neuve ou presque. Cela permet de prendre de la distance par rapport à la situation. Quand on voit sa maison se désintégrer sous ses yeux, alors qu’on a passé une partie de sa vie à la payer, on ne dort pas bien. »
(*) Prénoms d'emprunt.
À lire aussi ...
Aujourd'hui
Djina Pennetault a publié cet été Quand le silence parle en mots, un recueil de poèmes en forme de plaidoyer en faveur de la santé mentale des jeunes, « pas assez prise en compte » selon la future professeure. Des initiatives fleurissent pourtant dans les établissements scolaires.
Aujourd'hui
À travers une série de portraits, Le 7 donne la parole à une génération qui construit le présent et imagine le futur. Entre doutes, convictions et espoirs, ils racontent comment ils s’engagent pour préparer le monde de demain. Aujourd’hui, Pierre-Antoine Terrassier, 25 ans, infirmier et infirmier-pompier volontaire.