Gilets jaunes : la parole enfin entendue ?

Sept ans après le mouvement des Gilets jaunes, le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) de Nouvelle-Aquitaine publie une synthèse inédite des cahiers de doléances. Un travail d'archives qui révèle une colère toujours en attente de réponses, et pour laquelle il apporte des préconisations.

Le7.info

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Tout commence par une hausse de la fiscalité sur les carburants. Après une pétition en ligne et des vidéos de colère largement relayées sur les réseaux sociaux, le gilet jaune devient le symbole du mouvement qui s’est cristallisé, le 17 novembre 2018, sur les ronds-points. De là, ont été rédigés les premiers cahiers de doléances, puis les communes rurales ont emboîté le pas en ouvrant leurs mairies pour donner la parole à ceux n’ayant pas l’habitude d’être sollicités. « Ces cahiers sont restés trop longtemps lettres mortes au niveau national, précise Yves Jean, président du Ceser. Deux Premiers ministres(*) avaient promis de rouvrir ces cahiers, sans suite. » En 2024, Alain Rousset, président du Conseil régional, a alors saisi le Ceser pour effectuer ce travail d’analyse afin d’en tirer les enseignements pour les politiques régionales à venir.

« Publié en mars 2026, ce rapport, « Vivre dignement » de 
212 pages, a demandé deux ans de lecture d'archives, d'auditions et d'analyse », précise Benoît Pierre, président de la section Veille et prospective au Ceser. Il a aussi permis de déconstruire plusieurs idées reçues : « Les Gilets jaunes n’ont pas été les seuls à rédiger des doléances et tous n’étaient pas issus des partis dits extrêmes, loin de là. » Sur 225 200 contributions recensées en France, la Nouvelle-Aquitaine en a concentré 28 000. « L'une des participations les plus fortes du pays. » 

« Pouvoir de vivre » 
plutôt que « pouvoir d'achat »

Entre une opposition récurrente des « nous » (retraités, précaires, habitants des territoires peu denses) à « eux » (responsables politiques, grandes entreprises, plus fortunés), les cahiers réclament, au-delà du pouvoir d'achat, un « pouvoir de vivre » -se loger, se déplacer, se nourrir…- et un « pouvoir d'agir »,
porté par une participation citoyenne qui ne se limite pas au vote.

Face à ce constat, trois grandes priorités ont été formulées assorties de préconisations : « radicaliser la démocratie », en favorisant notamment la démocratie participative ou encore en ouvrant les instances représentatives ; « garantir la continuité territoriale », en améliorant l’accès aux services et aux soins ; « renforcer le pouvoir de vivre »,
en soutenant les ménages modestes par la réduction des dépenses (rénovation énergétique, encadrement des prix des loyers…), en renforçant la mobilité sociale et l’accès à une alimentation saine et durable ou encore en enrayant la dégradation du marché du travail. « Autant d’enjeux pour lesquels la Région ne peut répondre seule et qui nécessitent une réflexion et une action collective coordonnées et co-construite », conclut Benoît Pierre.

(*)Michel Barnier 
et François Bayrou.

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