Aujourd'hui
Tous concernés
L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne.
Une trentaine de figurants, quatre vidéastes, une équipe d'assistants, des chevaux, mais aussi des chiens. Un dispositif digne d'un tournage de cinéma a élu domicile au beau milieu de la Vienne, les 4 et 5 juillet. Plus exactement à Nouaillé-Maupertuis, où les habitants ont pu assister, pantois, à des scènes dignes d’une bataille, tout droit inspirées de l'univers de J.R.R. Tolkien. Orcs, rôdeurs et Gondoriens ont ainsi établi leurs quartiers dans la propriété de Frédéric Didier, propriétaire du Logis Abbatial, répondant des quatre coins de l'Hexagone à l'appel de Jean Aballéa. Ce dernier, passionné de photographie et de l'univers chevaleresque et fantastique du Seigneur des Anneaux, est profondément convaincu que la terre de son enfance peut prêter ses traits à celle de la Terre du Milieu. Et le résultat parle de lui-même. Les photos et vidéos hébergées sur les comptes Instagram et Facebook « abl_photographe » ont été vues plusieurs millions de fois. Loin de vouloir tirer la couverture à lui, il tient toutefois à rappeler que l'aventure est avant tout humaine. « Je suis l'initiateur, mais le projet a vite pris une ampleur collective. Il a fallu gérer l'hébergement des bénévoles, la technique avec les caméras et les machines à fumée, mais aussi prévoir des solutions de repli. » Six mois d'échanges, notamment via des espaces de discussion en ligne, auront ainsi été nécessaires pour préparer ces deux journées de tournage. Et, fort heureusement, tout s'est déroulé comme prévu. Enfin, presque. « Un cheval est parti au galop dans les bois avec l'acteur principal, qui ne savait pas monter à cheval. Il a fallu le rattraper. Ça a donné lieu à un moment un peu stressant », raconte Jean, qui en rigole aujourd'hui avec le recul.
L’œuvre de Tolkien a été portée à l’écran par Peter Jackson. Sa caméra a permis à des millions de fans de découvrir les paysages grandioses de la Nouvelle-Zélande. Pour rendre hommage à la saga, il fallait donc un décor à la hauteur de l’univers imaginé par l’écrivain britannique. Jean Aballéa n’a pas eu besoin d’aller bien loin. « Le bois de la Garenne, avec ses arbres centenaires et ses clairières, évoque les paysages de la Terre du Milieu. » A quelques pas, l’abbaye fortifiée de Nouaillé-Maupertuis, fondée au VIIe siècle et dont subsistent plusieurs vestiges médiévaux, a également servi de décor. De quoi faire voyager les figurants jusqu’à Minas Tirith, la cité blanche visible dans Le Retour du Roi, troisième volet de la trilogie. « L’association Nouaillé 1356 nous a donné un coup de main précieux en nous prêtant une partie de son matériel utilisé lors de ses reconstitutions médiévales. » Une collaboration entre deux univers que tout semble opposer, mais réunis par une même passion : celle de l’Histoire et du patrimoine local.
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