Des isolants toujours plus écolos

Appréciés tout à la fois pour leur capacité à réduire l’empreinte carbone du bâtiment et à garantir à ses occupants un confort thermique et acoustique optimal, les isolants biosourcés et géosourcés connaissent un essor considérable, en construction comme en rénovation. Revue de détail avec l’Ademe(*).

Le7.info

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La mousse d’urée-formaldéhyde ? Interdite dès les années 80. L’amiante ? Pourchassée depuis 1997. La sciure brute ? Le papier journal en vrac ? Le polystyrène en doublage intérieur collé ? Que de priorités éculées, que de souvenirs jetés aux oubliettes ! Les isolants d’hier, si peu respectueux de l’environnement et parfois aussi si nocifs pour notre santé, n’ont plus ni présent ni avenir. Même la réputation de la laine de verre, pourtant incontournable au début de ce siècle, pâlit à vue d’œil au soleil du temps.

Qu’on se le dise, l’isolation du XXIe siècle sera responsable ou ne sera pas. Pour coller à cette impérieuse nécessité du tout-écologique, certains grands classiques ont malgré tout été modernisés. On pense en premier lieu à la ouate de cellulose. Issue du recyclage du papier journal, elle prend la forme de vrac à insuffler ou de panneaux à appliquer aux murs. Très belles performances, tant en été qu’en hiver, et excellent rapport qualité-prix garantis ! La laine ou fibre de bois est, elle, fabriquée à partir de résidus de scierie et se présente en panneaux semi-rigides dont la principale qualité s’exprime en période estivale, lorsqu’il s’agit de retarder l’entrée de la chaleur sous les toits. Le liège expansé, enfin, est naturel, imputrescible et durable. On le destinera prioritairement aux zones humides, aux sols (soubassements et dalles) et à l’isolation par l’extérieur.

Le végétal change d’ère

Qui dit écologie dit aussi alternatives végétales et animales innovantes. C’est le cas du chanvre et du lin, que l’on retrouve souvent associés dans des panneaux reconnus résistants à l’humidité et aux nuisibles. Très économique et de plus en plus industrialisée sous la forme de caissons préfabriqués, la paille, matériau local, donc à l’impact carbone quasi nul, offre elle aussi des performances thermiques redoutables. Ce constat de « neutralité carbone » vaut également pour les résidus de fauches locales -l’herbe de prairie- dont les panneaux ont fait une entrée remarquée dans les maisons. Enfin, si vous souhaitez privilégier l’acoustique, misez sur les capacités d’absorption des textiles recyclés.

Changement de registre, changement d’origine. Les panneaux isolants sous vide (PIV) affichent une finesse d’épaisseur sans égale et une performance thermique maximale, qui conviennent parfaitement à la rénovation urbaine, là-même où chaque centimètre carré de gagné est une victoire. A découvrir encore, au rayon nouveautés, les membranes d’aérogels de silice. Bien qu’ultra-mince, ce produit issu de technologies de pointe, entre autres empruntées à l’industrie aéronautique, s’avère très performant pour combattre les ponts thermiques.

(*)Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

Au chevet de l’ancien

Le choix d’un isolant nécessite de porter une attention particulière aux mouvements d’humidité de la maison. Dans des bâtis et murs anciens, faits de pierre, de terre crue ou de colombages, générant cette humidité par capillarité, il est fortement déconseillé d’utiliser des matériaux étanches tels que le polystyrène ou le polyuréthane. Ces derniers bloquent effectivement l’eau dans le mur, provoquant sa dégradation. On leur préfèrera notamment le liège expansé. Prenant la forme de panneaux collés-vissés, cet imputrescible notoire est l’isolant à privilégier si le bas de vos murs anciens souffre de fortes remontées capillaires ou d’humidité chronique. Perméable à la vapeur, il se révèle totalement insensible à l’eau et aux moisissures. Seul point noir : il reste relativement coûteux.

Projeté ou enduit, sur 5 ou 6cm d’épaisseur, le mélange de chaux et de chanvre est recommandé pour la correction thermique des murs irréguliers. Il supprime l’effet de « paroi froide », tout en préservant à 100% la perspirance du bâti traditionnel. Utilisée seule, la laine de chanvre convient quant à elle parfaitement à un doublage sur ossature. Elle régule naturellement l’humidité ambiante sans rien perdre de ses capacités thermiques. Inconvénient : elle nécessite l’adjonction d’une membrane hygro-régulante pour fonctionner à plein.

La fibre ou laine de bois, enfin, propose le meilleur des compromis entre isolation thermique et respirabilité. Sa forte densité offre un excellent déphasage thermique, empêchant la chaleur de pénétrer l’été venu.

Le chanvre fait filière

La filière chanvre en Nouvelle-Aquitaine est structurée par l’association Chanvre Nouvelle-Aquitaine, créée en 2021 avec le soutien de la Région pour fédérer les producteurs, transformateurs et distributeurs locaux. La culture du chanvre, reconnue économe en eau et sans pesticides, a de nombreux débouchés. Utilisé dans l’alimentation, la cosmétique, le bien-être et le textile, le chanvre est très présent dans le bâtiment et les éco-matériaux, sous la forme de chènevotte dans la confection du béton de chanvre et de fibres pour l’isolation.

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