Béton ciré, l’atout charme

Le béton ciré est devenu l’un des revêtements de sol les plus prisés en décoration intérieure et en rénovation. D’un aspect lisse et continu, dû à l’absence de joints, il conjugue esthétique et modernité et de grandes qualités de résistance, notamment aux piétinements et aux passages intensifs.

Le7.info

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En linguistique, on dirait de lui que c’est un faux ami. Comme son nom, donc, ne le suggère pas, le « béton ciré » est un mortier décoratif, composé de ciment, de sables très fins, de quartz et de résines polymères.

Oubliée l’image, hélas encore trop souvent répandue, du bloc de béton massif. Le « ciré », au contraire, fait dans la légèreté, l’élégance, la finesse. Ses couches de 2 à 8mm, protégées par des vernis qui le rendent imperméable et résistant aux taches, en font une alternative de choix au carrelage, au parquet ou à la résine. En construction mais aussi en rénovation, sa faible épaisseur surchargeant très peu les hauteurs de sols et les bas de portes. « C’est un produit qui convient à l’ancien comme au contemporain, confirme Michel Champagne, dirigeant d’Immo Déco Poitiers, applicateur agréé du béton ciré Ardex depuis 2005. Il s’adapte à tous les supports existants, y compris une chape centenaire ou un carrelage des années 80 qu’il saura complètement recouvrir, après qu’on les aura bien nettoyés et assainis. Il n’y a bien qu’avec les parquets, le bois en général, qu’il ne soit pas compatible. »

Un rendu nuageux, marbré, en un mot « nuancé »

Une fois uniformément réparti dans la ou les pièce(s) choisie(s) pour l’accueillir, le béton ciré présente tous les atouts imaginables. « Le rendu est minimaliste, mais épuré, élégant, lumineux, admire Michel Champagne. Le lissage, entièrement réalisé à la main (ndlr : et donc confié aux soins d’un vrai spécialiste), est le garant de l’effet « nuancé », nuageux, du produit fini. Plusieurs tons d’une même couleur s’entremêlent, comme sur un marbre. C’est la patte de l’artisan qui fait toute la différence, la vraie valeur ajoutée. »

Par-delà cette esthétique très contemporaine, notamment très prisée des amateurs d’intérieurs modernes, de type loft, mais aussi des propriétaires de locaux commerciaux ou de bureaux, d’autres grandes qualités s’affichent au grand jour. Excellent conducteur thermique, le béton ciré est ainsi totalement compatible avec un système de chauffage au sol. Déclinable dans un large camaïeu de coloris (les tons minéraux et naturels, le sable, le lin, l’ivoire (…) supplantent peu à peu le gris omniprésent d’il y a dix ou vingt ans), il s’adapte à toutes les pièces de la maison, en premier lieu aux pièces de vie, où ses propriétés naturelles d’absorption-diffusion de la lumière et de résistance aux passages répétitifs font des merveilles. « L’absence de joints, précise Michel Champagne, a en outre le mérite d’agrandir visuellement la pièce et de faciliter grandement son entretien. » Au quotidien, un balai ou un aspirateur pour la poussière et un lavage à l’eau tiède, additionnée de savon noir ou de savon au pH neutre, suffisent. Surtout, évitez les produits agressifs de type Javel, les détergents anticalcaires puissants et les éponges abrasives. Le vernis protecteur du « ciré » vous en sera reconnaissant !

Le carrelage en résistance

L’apparition, sur le marché de l’habitat et de la décoration, de nouveaux types de revêtement n’est toujours pas parvenue à faire mordre la poussière aux plus historiques et hégémoniques des matériaux. Parmi eux, le carrelage. Admettons-le, le gris des années 2010, aujourd’hui jugé froid, uniforme et lisse, et le blanc brillant aseptisé des décennies précédentes, ont quelque peu disparu des radars. Le carrelage s’est réinventé pour répondre aux besoins d’entretien tout en adoptant des aspects très organiques. De retour en grâce, le grès cérame, pour ne citer que lui, imite désormais le bois ou la pierre naturelle avec un relief au toucher impressionnant. Il offre l’esthétique du parquet ou de la pierre sans les contraintes d’entretien ou de sensibilité à l’eau.

Le cœur des années 2020 voue encore une admiration sans bornes à l’effet travertin, aux zelliges texturés, au terrazzo (…), préférant, au gris anthracite et au blanc, le beige sable et le terracotta, le vert sauge et les teintes minérales naturelles. Côté « configuration », le carrelage délaisse peu à peu les carrés classiques de 45x45cm et 60x60cm, au profit de lames à effet parquet, de formats XXL ou, à l’inverse, de petites tomettes.

Dites plutôt « marbré-nuagé »

Pourquoi « ciré » ? A l’origine, une fois le mortier posé et poncé, on lui appliquait une cire naturelle (cire d’abeille ou végétale) qu’on lustrait longuement à la main. Cette étape permettait d’une part de nourrir la matière (la cire pénétrant la surface pour la protéger des taches), de l’autre d’apporter brillance, douceur et cet effet marbré-nuagé encore aujourd’hui caractéristique du « béton ciré ». Le terme est resté dans le langage courant, mais la technique a évolué. A la cire, désormais, sont régulièrement préférés des vernis de protection polyuréthane qui ont la propriété de sceller le matériau.

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