Dans la chaîne des travaux de construction et de rénovation, l’intervention du plaquiste, au relais direct des maçons et en amont du passage de l’électricien et du plombier, occupe une place essentielle. Voilà quarante ans que Marc Viroulaud exerce ce métier avec passion. Entretien...
Comment définiriez-vous le rôle tenu par le plaquiste ?
« Si je devais résumer, je dirais que nous sommes les garants du confort des occupants de la maison à construire ou à rénover. Dans le doublage des murs périphériques, le plaquiste est le premier à penser isolation et combat contre les déperditions énergétiques. A ce titre, nous sommes de plus en plus nombreux à associer, à l’activité originelle de montage de plaques de plâtre, la pose, entre ces mêmes Placo® et le mur, des isolants de type laine de verre, encore majoritairement utilisés par la profession. »
Votre métier est relativement méconnu et, pourtant, l’intervention du plaquiste occupe une position stratégique dans la chronologie des travaux de construction ou de rénovation...
« En construction, le plaquiste est le premier professionnel du second œuvre à intervenir, dès la mise hors d’eau-hors d’air du logement. En quelque sorte, on peut dire qu’il « essuie les plâtres ». Sa mission est stratégique, car de la qualité de son travail dépend aussi celle des professionnels qui lui succèdent immédiatement sur le chantier : l’électricien, le plombier, sans parler du jointoyeur. On reconnaît notamment un bon plaquiste à sa capacité à anticiper et à intégrer les contraintes techniques engendrées par le passage ultérieur des gaines électriques et des tuyaux de plomberie à l’intérieur des cloisons. A l’instant de percer, de découper, de préparer le terrain, on ne peut pas se tromper. Le travail du plaquiste est tout à la fois un travail de précision, de bonne lecture des plans des architectes s’il y en a, de prises de cotes minutieuses, de respect des niveaux, des aplombs et des angles droits, indispensables pour garantir la solidité et l’esthétique future de la pièce. »
Qu’est-ce qui différencie un bon plaquiste d’un très bon ?
« Je suis convaincu que, dans ce métier tout particulièrement, l’expérience est un atout absolu. Il faut sans cesse apprendre, apprendre et réapprendre pour arriver à la maîtrise recherchée. Quand je vois tous ces jeunes qui se mettent à leur compte alors qu’ils sont à peine sortis du CFA, je me dis que quelque chose ne tourne pas rond. Moi, j’ai commencé à faire mes gammes à l’âge de 16 ans et j’ai monté mon entreprise à 30 (à Nieuil-l’Espoir, ndlr). Quatorze ans à apprendre des autres, c’était une bonne planche de travail. La grande règle d’or que j’enseigne à mes apprentis, c’est qu’on se forme mieux en rénovation. Poser du Placo® sur des murs sains, rectilignes, neufs, c’est facile. Concevoir toute une architecture de rails à fixer, l’adapter aux inclinaisons, parfois variables, des plafonds auxquels on a affaire, comme ceux d’un chantier que nous avons actuellement dans un château, c’est une autre paire de manches. En rénovation, il ne faut négliger aucun paramètre, il faut au contraire tout prévoir. Or prévoir, c’est déjà agir ! »
Le jointoyeur-bandeur, dernier maillon
Le jointoyeur-bandeur -aussi appelé « bandeur à joint » ou « plâtrier-jointoyeur »- intervient au relais du plaquiste, et avant le peintre, pour assurer les travaux de finition intérieure des cloisons et plafonds, généralement en plaques de plâtre, posés par un « fixeur ». « Meilleur est le plaquiste, meilleur sera le jointoyeur », illustre Marc Viroulaud. Et pour cause, toute irrégularité importante, éclat, trou... confère plus de travail de « réparation » au jointoyeur. Lequel a pour première hantise que les plaques fixées ne soient pas alignées et la surface totale du mur pas totalement lisse.
Une fois les irrégularités gommées, le travail de « camouflage » est une affaire de spécialiste. Ses tâches sont multiples : application d’un sous-enduit pour colmater les creux à la jonction des plaques, collage et marouflage d’une bande d’armature pour chasser l’air et l’excédent d’enduit, puis pose d’une deuxième et même d’une troisième couche d’enduit de finition, pour masquer la surépaisseur de la bande, faire disparaître les têtes de vis ou de clous d’assemblage et réaliser les angles, sortants et rentrants… Le séchage complet, un ponçage léger et la vérification de la planéité complètent la « panoplie » du jointoyeur-bandeur.
Sur le terrain
Le rôle principal du plaquiste est de réaliser les aménagements intérieurs, l’isolation et la pose de cloisons en utilisant des matériaux préfabriqués, principalement des plaques de plâtre (de type Placo®), parfois des panneaux d’isolation ou des cloisons alvéolaires. Son action sur l’enveloppe de la maison (par vissage des plaques sur ossature métallique ou fixation directe sur les murs) est ainsi potentiellement complétée par la création, là encore le plus souvent en Placo®, de cloisons de distribution, de doublages de murs, de faux plafonds, suspendus ou tendus, et parfois d’éléments décoratifs, tels que niches ou étagères intégrées.