Quand l’ordre engendre le chaos

Dans Les Misérables, Tahar Rahim traque Vincent Lindon dans une lutte pour la justice et la liberté, au sein d’un Paris bouleversé par la Révolution.

Le7.info

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Les classiques ont la cote. Après Le Comte de Monte-Cristo et Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, c’est un autre monument de la littérature française qui fait son apparition sur grand écran : Les Misérables de Victor Hugo. Réalisé par Fred Cavayé, le long-métrage s’inspire du roman de 1862 et met en scène Jean Valjean qui, après dix-neuf ans de bagne pour le vol d’un pain, cherche à se racheter et à faire le bien autour de lui. Il vient en aide à Fantine, une ouvrière mourante, et lui promet de sauver sa fille, Cosette, exploitée et maltraitée par les Thénardier, un couple d'aubergistes. Mais son passé finit par le rattraper : l’inspecteur Javert, un policier implacable, le poursuit sans relâche afin de le renvoyer au bagne dans un Paris en pleine Révolution.

Pour cette nouvelle adaptation, le film bénéficie d'un casting cinq étoiles, avec Noémie Merlant, Camille Cottin, Benjamin Lavernhe et Vassili Schneider, mais surtout Tahar Rahim et Vincent Lindon. Ce dernier prête ses traits à Jean Valjean et collabore ainsi pour la troisième fois avec le réalisateur après Mea Culpa (2014) et Pour Elle (2008). Au cœur du récit, Jean Valjean est subtilement incarné par Lindon, qui lui apporte profondeur et humanité. Son duel avec l’inspecteur Javert (Tahar Rahim) est certainement la plus grande réussite du film. Tous deux incarnent des visions opposées de la justice : l'un se montre sensible au sort des plus pauvres, tandis que l'autre leur témoigne du mépris. La dualité entre richesse et pauvreté est présente tout au long du récit, à travers un contexte social pesant mais surtout grâce au couple Thénardier. Les personnages incarnés par Camille Cottin et Benjamin Lavernhe font preuve d'immoralité et de cruauté envers Cosette, suscitant le dégoût du spectateur. La relation entre Fantine et sa fille, Cosette, est quant à elle très touchante, notamment grâce au jeu de Noémie Merlant.

En revanche, le film pèche par moments dans sa réalisation, assez classique et parfois en deçà de ce que l’on pourrait attendre d’une œuvre de cette ampleur. Même si l’action se déroule aux quatre coins de l’Hexagone, peu de lieux ou de décors restent visuellement marquants. Même constat pour la musique de Christophe Julien qui manque d’entrain. Malgré ces réserves, le scénario de Fred Cavayé reste efficace et maintient un rythme fluide pendant près de trois heures. Les Misérables s’impose donc comme un long-métrage qui mérite d’être vu. Sa réflexion sur la société, le pouvoir et la justice demeure plus que jamais d’actualité. Comme l’écrivait Victor Hugo, « c’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches ».

Drame, Historique de Fred Cavayé avec Vincent Lindon, Tahar Rahim, Camille Cottin (2h56).

©Eskwad Curiosa Films Studiocanal TF1 Films production

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