Aujourd'hui
Pour retrouver la liberté, le silence est parfois le prix à payer. Jean Moulin en sait quelque chose. Pendant l’Occupation allemande, Moulin, de retour de Londres, est parachuté pour unifier les réseaux de la Résistance française, à la demande du général de Gaulle. Mais il est arrêté à Lyon. Interrogé par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo, Jean Moulin, qui se fait passer pour le décorateur Jacques Martel, est entraîné dans une confrontation implacable. Son ultime combat face à la manipulation et à la brutalité ne fait que commencer.
Signé László Nemes, ce film a été présenté en compétition lors du Festival de Cannes 2026. Après avoir réalisé Le Fils de Saul (2015) traitant de la vie de l’un des membres des Sonderkommandos, le réalisateur hongrois consacre son nouveau film à Jean Moulin, arrêté en juin 1943. Il est incarné par Gilles Lellouche, dont la prestation, à l’instar du film, monte en intensité au fil du récit. Le premier acte prend le temps d’installer le contexte et de présenter les différents protagonistes, au risque de ralentir le rythme. Si son jeu paraît d’abord un brin caricatural, Lellouche gagne progressivement en crédibilité. Moulin fait face à un véritable dilemme : révéler les plans de la Résistance à l’ennemi ou bien ne rien dire et le payer de sa vie.
Le récit prend réellement de l’épaisseur avec l’arrivée du chef de la Gestapo, Klaus Barbie. Incarné par l’acteur allemand Lars Eidinger, cet antagoniste impose une présence menaçante. Le tyran est déterminé à retrouver celui qu’il nomme « Max », le cerveau de la Résistance.
Sa confrontation avec Jean Moulin constitue sans doute la plus grande réussite de l’œuvre. Ce duel repose sur deux visions radicalement opposées : d’un côté celle d’un homme prêt à sacrifier sa vie pour défendre la liberté ; de l’autre celle d’un bourreau qui use de la terreur et du sadisme pour briser toute résistance. Le film restitue la violence vécue à cette époque, notamment à travers des scènes de torture éprouvantes. La réalisation de László Nemes plonge efficacement le spectateur dans le contexte des années 1940 grâce au soin apporté aux décors. Les nombreuses scènes nocturnes apportent également une tension dramatique, bien soutenues par la musique de Laetitia Pansanel-Garric.
Avec Moulin, László Nemes signe un film historique maîtrisé, porté par la confrontation entre deux figures majeures de cette époque. Après La Bataille de Gaulle ou encore Les Rayons et les Ombres, ce long-métrage s’inscrit dans une année 2026 riche en récits consacrés à la Seconde Guerre mondiale.
Drame historique de László Nemes avec Gilles Lellouche, Lars Eidinger, Louise Bourgoin (2h14).
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