Embarquement immédiat

Au 1er septembre prochain, la conduite des voitures-radar sera confiée à des prestataires privés. Une expérimentation a été lancée le 24 février, en Normandie, où des opérateurs parcourent les routes sous un étroit contrôle de l’Etat. Le « 7 » fait le point sur ce que changera ou non cette nouvelle disposition.

Marc-Antoine Lainé

Le7.info

Vous avez sûrement déjà croisé leur route. Dans la Vienne, les trois voitures-radar des forces de l’ordre quadrillent le département pour constater les excès de vitesse des automobilistes. À leur bord, deux personnels assurent la conduite et le paramétrage des outils numériques. L’an passé, les trois véhicules ont relevé 13 500 infractions au code de la route, quand l’ensemble des radars fixes du « 86 » en recensait 78 000. À partir du 1er septembre, les forces de l’ordre céderont leur place à des prestataires privés, auxquels le gouvernement confiera la conduite des voitures-radar. « Il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas là d’une privatisation mais bien d’une externalisation, souligne Stanislas Afonsi, directeur de cabinet de la préfète de la Vienne. L’intérêt principal est d’affecter les personnels jusqu’alors mobilisés par cette mission à d’autres plus utiles, recentrées sur leur cœur de métier. »

Depuis le 24 février, une expérimentation est menée en Normandie, où des opérateurs privés sillonnent les routes au volant des voitures-radar des forces de l’ordre. « Désormais, il n’y aura plus qu’une seule personne à bord. Un système de détection des panneaux de signalisation permettra d’automatiser toutes les constations d’infractions. L’opérateur privé ne saura donc pas quels véhiculent il « flashe ». Sa seule mission sera de conduire le véhicule, rien de plus. » Les prestataires seront par ailleurs rémunérés de manière forfaitaire. « Qu’ils relèvent cinquante ou cinq cents infractions, la rémunération sera identique. »

« Rendre les routes plus sûres »

À ce jour, 383 voitures-radar sont en service dans l’Hexagone. Selon les estimations du gouvernement, l’externalisation de la conduite permettra de dégager l’équivalent de quatre cents temps plein par an pour les forces de l’ordre et de créer mille postes de chauffeurs dans le secteur privé. Elle devrait vraisemblablement conduire à une hausse de l’activité. « L’objectif principal est de rendre les routes plus sûres par des contrôles plus réguliers, reprend le directeur de cabinet de la préfète. Les voitures-radar tourneront donc davantage. » De nouveaux véhicules devraient être commandés par le gouvernement, même si, « à environ 100 000€ pièce, ces voitures représentent un investissement conséquent ».

Pour couper court aux complaintes des associations d’usagers de la route, Automobile Club de l’Ouest et 40 Millions d’automobilistes en tête, Stanislas Afonsi dégaine les arguments chiffrés. « La vitesse est le premier facteur d’accident mortel dans la Vienne. Si l’on compare la situation cinq ans avant l’installation d’un radar et cinq ans après, le nombre d’accidents corporels baisse de 57% dans un rayon de 4km autour du radar. Et le nombre de personnes tuées chute de 88%. Autrement dit, en cinq ans, l’installation de radars a permis d’épargner une quarantaine de vies dans le département. »

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