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Marsupilami : potache mais efficace
Après les succès de Babysitting et Alibi.com, « La Bande à Fifi » revient en force avec une toute nouvelle adaptation de la célèbre bande dessinée, Marsupilami.
Dans tout le secteur agricole, le sujet est particulièrement sensible, irrite même. Qu’ils soient producteurs ou viticulteurs, ils sont nombreux dans la Vienne à se retrouver confronté à la pénurie de main d’œuvre, alors que les récoltes battent leur plein et que s’ouvre la période des vendanges. « Cela fait bientôt vingt ans que ça dure… Je n’ai rien de plus à en dire », s’agace un producteur de melon, dans un certain fatalisme.
Ce constat en laisse d’autres plus incrédules. « Même si ça devrait le faire pour nous, on voit bien que c’est un peu plus tendu que les autres années », relève Vincent Baille-Barelle, responsables de la partie fruits aux Vergers de Cherzeau. « Nous avons reçu un peu moins de CV et de coups de fil. Je n’arrive pas à me l’expliquer… Nous sommes surpris. »
Cette année encore, la situation serait particulièrement alarmante. « L’été, ça va parce que beaucoup d’étudiants postulent. Mais ce n’est pas pérenne, alors que la saison court de mars jusqu’à fin octobre », confie-t-on au Syndicat des producteurs de melons du Haut-Poitou. L’un de ses membres pointe du doigt, lui, « le manque de motivation » d’une partie des saisonniers. « Une bonne dizaine ont démissionné, cet été », raconte ce producteur, très remonté. « J’en ai même un qui n’est pas revenu le lendemain parce qu’il s’était sali les chaussures ! » La rudesse du travail et la faible rémunération auraient également raison de certaines volontés.
Des problèmes avec les saisonniers français
Ce producteur de melons, comme d’autres dans le département, est confronté à une liste de candidats particulièrement réduite, arrivée la fin de l’été. La récolte n’attendant pas, il n’a pas d’autre choix que d’embaucher des ressortissants étrangers, notamment plusieurs réfugiés du Darfour. « Aujourd’hui, ils représentent entre 60 et 70% de nos saisonniers. Cela va grandissant. Il y a 13 ans, ce n’était que 4 à 5% de nos effectifs ! » Une main d’œuvre étrangère certes, mais motivée. « Ces gens sont heureux d’être là. Ils ne rechignent pas à la tâche, apprennent le français et s’intègrent très bien par le travail. »
Les vignerons ne sont épargnés. « Dans notre secteur, le cliché s’est développé que l’on avait des problèmes avec les saisonniers français », ressent Gilles de Bollardière, chef de culture au domaine Ampelidae, à Marigny-Brizay, tout en ajoutant que « les vendanges, c’est du travail, il faut être sérieux ». Lui n’a pas encore de difficultés à recruter -« grâce au bouche à oreille, à de bons réseaux et, sans doute, au fait d’être en agriculture biologique »- mais il n’ignore pas que certaines régions sont plus touchées que d’autres. « C’était plus vrai en Bourgogne, où j’ai travaillé et où l’on avait 130 personnes à vendanger. »
Des candidats sur Facebook ou Le Bon Coin
Des organismes tels Pôle emploi ou l’Anefa s’efforcent de proposer aux professionnels des solutions pour pallier à cette pénurie. Mais « les producteurs doivent faire part de leurs besoins », rappelle Khadija Zeghloul, directrice adjointe de l’Anefa Poitou Maritime. Sous-entendu, « peu d’entre eux passent par nous ». En effet, seule une trentaine d’entreprises agricoles de la Vienne sont en contact avec l’Agence départementale pour l’emploi et la formation en agriculture. « Mais peut-être n’avons-nous pas les moyens d’en informer davantage… », plaide toutefois Khadija Zeghloul.
L’Anefa avait un peu plus de 2 200 postes saisonniers à pourvoir cette année. Dans le lot, on trouve aussi des opportunités de contrat longue durée ou à durée indéterminée. Mais là aussi, l’Anefa peine parfois à dénicher les candidats. « Il nous arrive de passer par Facebook et Le Bon Coin pour en trouver. »
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