Précieuse moelle osseuse

Le don de moelle osseuse, à ne pas confondre avec la moelle épinière, permet de sauver des vies. Or il est particulièrement méconnu en France, notamment des plus concernés, les 18-35 ans.

Claire Brugier

Le7.info

Qui sait ce qu’est un don de moelle osseuse ? Il y a dix ans, le Dr Christine Giraud, hématologue au CHU, et Sarah Thévenot, maître de conférences en hygiène et santé publique, ont posé la question à 4 000 étudiants 
en première année à l’université de Poitiers. Très peu savaient. Beaucoup, à l’instar du commun des mortels, confondaient moelle osseuse et moelle épinière. Cela explique sans doute pourquoi seulement 240 000 Français sont inscrits pour un don, contre près de 
9 millions d’Allemands. Les deux spécialistes poitevines ont donc mis en place une journée de sensibilisation. La dernière a eu lieu jeudi dans le hall de la faculté de médecine et pharmacie, au plus près de la population concernée : 
les jeunes. De fait, lorsqu’ils ne sont pas intrafamiliaux, les dons privilégiés lors des greffes sont ceux des 18-35 ans. « Les dons sont de deux types, soit sous la forme d’un prélèvement sous anesthésie générale (lire ci-contre), soit grâce à des médicaments, à partir de cellules souches périphériques. Les deux méthodes n’ont pas les mêmes caractéristiques, on choisit l’une ou l’autre selon l’âge du receveur (ndlr, la greffe est possible jusqu’à 70 ans) et la maladie », précise le Dr Giraud.

Un don indolore

« Il est important que des étudiants qui veulent devenir des professionnels de santé soient aussi des humanistes et qu’ils pensent au don », poursuit le 
Dr Giraud. Indolore, celui de moelle osseuse sauve des vies. Jérôme, 57 ans, peut en témoigner. « Il y a six ans, on m’a diagnostiqué une leucémie. J’ai eu plusieurs séances de chimio assez lourdes avant d’être allogreffé. J’ai dû refaire tous les vaccins, comme un bébé. Désormais, j’ai du sang féminin dans le corps », sourit le quinquagénaire. Chaque nouvelle journée de sensibilisation permet de recueillir une centaine d’inscriptions. Deux à trois de ces nouveaux donneurs poitevins sont prélevés dans l’année.

Plus d’infos sur 
dondemoelleosseuse.fr.

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