Ruralités : pour en finir avec les idées reçues

Le Regard de la semaine est signé Mariannig Hall.

Le7.info

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Passe encore que ChatGPT illustre la ruralité par un tracteur iconique… Mais l’Insee ! Il faut attendre 2020 pour que l’Institut national définisse les zones rurales comme entités spécifiques, caractérisées par leur faible densité de population, et non pas, en creux, comme l’ensemble des communes n’appartenant pas à une unité urbaine.

Longtemps impensés, les espaces ruraux sont aussi de tout temps l’objet de tous les fantasmes : entre « diagonale du vide » et « force tranquille » 
assimilée à un village dominé par une église ; entre territoire déserté, marqué par l’exode, et champs verdoyants que le travail de l’homme ordonne. Olivier Bouba-Olga, chercheur en sciences sociales qui aspire à nous désintoxiquer de la « Came » (Compétitivité, attractivité, métropolisation et excellence), décrit une tout autre réalité des ruralités. L’industrie y emploie davantage que l’agriculture. En Nouvelle-Aquitaine, 43% des salariés de l’industrie sont localisés en milieu rural.

Loin d’être des déserts, les territoires ruraux accueillent 
33% de la population en France (50% en Nouvelle-Aquitaine). Les campagnes sont vivantes ! 
Il suffit de pousser la porte des bibliothèques des communes rurales. A Bonnes par exemple, à 20km de Poitiers, un mercredi après-midi, on y entre comme dans un moulin : 
une maman et ses enfants, le doyen de 93 ans posté là avant l’ouverture à 14h, un bénévole d’une association qui promeut la biodiversité, un autre qui discute avant de déposer le programme à venir du cinéma à proximité.

Pour se défaire des idées reçues, connectez-vous à la page de la Datar (expression malicieusement inspirée de feu la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’action régionale) du site de la Région Nouvelle-Aquitaine. Consultez La Nouvelle-Aquitaine en 
100 cartes, du même Olivier Bouba-Olga, aux éditions Atlantique. Surtout, n’omettez pas de sillonner Grand Poitiers et la Vienne, de bourgs en bourgs et de places en places !

CV express 

Passionnée de culture et de sciences, attachée au partage des connaissances et des questionnements, friande de débats vifs mais respectueux (des autres comme des faits), j’ai traversé différents univers professionnels, jusqu’à la direction de l’Espace Mendès-France. Bretonne d’origine, Parisienne de formation, Poitevine par hasard mais depuis longtemps, Européenne de culture, je me reconnais dans l’hybridation.

J’aime : le lyrisme d’Hugo et l’incandescence de Char, les œufs à la coque et l’os à moëlle, la nuance, penser contre moi-même (et avec les autres), Giotto et James Turell, les coquelicots, nager dans l’océan, Vanessa Wagner et Etienne Daho, la Fondation Maeght en Provence.

J’aime pas : les choux (sauf à la crème), le ressentiment, la servitude volontaire, la mauvaise foi.

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