Aujourd'hui
Rien ne vaut une bonne piqûre de rappel pour déconstruire quelques idées reçues. « Beaucoup d’habitants pensent lutter contre lui comme contre un moustique traditionnel », explique Dorian Serre, ingénieur en prévention santé à l’Agence régionale de santé. Une erreur fréquente, car cet insecte venu d’Asie ne se combat pas de la même manière. Alors pour appréhender son ennemi, mieux vaut bien le connaître. Chose à savoir, le moustique tigre est un voyageur. Mieux : un covoitureur. S’il se propage, c’est avant tout à cause de nos déplacements. La carte des communes touchées dans le département en est la preuve. Poitiers, Châtellerault, Chasseneuil-du-Poitou, Saint-Julien-l’Ars… « Toutes sont situées sur de grands axes de circulation, comme la D951 vers Chauvigny et la D910 vers Jaunay-Clan », précise l’ingénieur. Les connaissances sur sa répartition indiquent que l’espèce s’est largement répandue dans le département, avec quatre communes colonisées en 2022, 17 fin 2023, 29 en 2024. Plus inquiétant encore, fin 2025 59% de la population de la Vienne vit dans une commune où le moustique tigre est présent. Surtout lorsqu'on sait que l’insecte peut être vecteur de la dengue, du chikungunya et du Zika, bien que ces cas restent marginaux.
Le moustique tigre doit son nom à son apparence : un thorax noir rayé de bandes blanches, à peine de la largeur d’une pièce d'un centime, donc plus petit que son cousin. Il développe une certaine agressivité, tout d’abord par la fréquence de ses piqûres, dix en quelques minutes. L’Aedes albopictus arrive à se reproduire de manière exponentielle. La femelle peut pondre tous les douze jours et en moyenne cinq fois au cours de sa vie (150 œufs par ponte), soit environ 750 œufs au total. Alors, si rien n’est fait… « On vit un enfer. On ne reste plus sur la terrasse. C’est devenu impossible », alerte un habitant d’Avanton. « On ne les entend pas et ils sévissent toute la journée », soupire une habitante de Poitiers. L’ingénieur acquiesce et répond à toutes les plaintes des habitants, mais il le rappelle : « La seule solution, c’est de supprimer toutes les eaux stagnantes dans son jardin ». Le « tigre » pond directement sur les parois asséchées de contenants susceptibles de se remplir d’eau (seaux, arrosoirs, pneus, tonnes à eau), et évolue dans un périmètre très réduit : environ 150m autour de son lieu de naissance. D’où l’importance d’avertir ses voisins. Quant à sa période d’activité, le moustique tigre adulte réapparaît chaque année à la fin du printemps, au début des premières chaleurs. Il lui faut a minima sept jours pour que l’œuf éclose, alors veillez à renouveler quotidiennement l’eau des oiseaux et autres arrosoirs, sans oublier le pluviomètre.
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