La « refondation » coûte cher

La semaine passée, le Président de la République a dévoilé les contours de sa «refondation» de l’école. Point fort de son discours, la semaine de 4 jours et demi coûtera de l’argent aux collectivités de la Vienne, même si 60% des écoles avaient déjà adopté cette habitude.

Romain Mudrak

Le7.info

150 000€. C’est le coût qu’engendrera la mise en service de nouvelles lignes de car le mercredi matin, rien que de septembre à fin décembre 2013. Le Conseil général de la Vienne a fait ses comptes. Le passage à la semaine de quatre jours et demi, annoncé par le Président de la République mardi dernier, ne sera pas anodin dans son budget. En 2008, lors de la précédenteréforme des rythmes scolaires, environ 40% des écoles du département avaient décidé, bon gré mal gré, de supprimer les cours le mercredi matin. Désormais, l’heure est arrivée de faire… machine arrière. À la rentrée prochaine, des milliers d’enfants du territoire devront à nouveau être transportés de leur domicile jusqu’à l’école le mercredi matin. Ce qui signifie la mobilisation de bus, de chauffeurs et de carburant.

9 000€ à Availles-Limouzine
Les petites communes rurales sont les principales concernées. À Availles-Limouzine (1 300 habitants, au sud de la Vienne), une estimation particulièrement précise a été réalisée. Jean-Michel Nivet, adjoint aux Affaires scolaires, assure que cette demi-journée lui coûtera 9 000€ par an : « Il faudra prévoir une garderie avant et après l’école en attendant les parents. Donc du personnel non enseignant (Atsem). Sans compter que nous gérons aussi le ramassage.»
Pour le déjeuner, pas d’inquiétude. Les parents le financeront à travers le prix du ticket de cantine. Mais une autre question torture l’esprit des élus de toutes les communes: quel dispositif instaurer si la journée de classe est raccourcie d’une heure ? « Un problème après l’autre, rétorque l’un d’eux. Attendons que le gouvernement précise sa pensée. »
Grand Poitiers et, plus largement, toutes les communes de son aire urbaine, l’agglomération de Châtellerault, Chauvigny, Loudun… Les villes les plus peuplées de la Vienne sont restées, de tout temps à la semaine de quatre jours et demi. Un choix jugé par les élus, de manière unanime, plus adapté au rythme biologique de l’enfant. A ce titre, notre département est un cas unique en France. Ici, un seul changement est à prévoir : la disparition du fameux « mercredi libéré » toutes les trois semaines. Les parents n’auront plus à prendre de « RTT ».

Scolarisation des moins de 3 ans :
Poitiers espère des moyens supplémentaires


Dans son discours, le Président de la République a également insisté sur la nécessité de renforcer la scolarisation des enfants de moins de 3 ans. La loi prévoit déjà leur prise en charge dans les zones d’éducation prioritaire. À Poitiers, les écoles Tony-Lainé, Jacques-Brel, Marcel-Pagnol et Ernest-Perrochon accueillent plusieurs dizaines de tout-petits. Malgré cela, le service d’inscription de la mairie a reçu 164 demandes de parents à la peine pour la rentrée 2012. « Les locaux et les personnels ne nous ont permis d’attribuer qu’une trentaine de places, déplore Laurence Vallois- Rouet, adjointe au maire en charge des Affaires scolaires. Si nous avions des moyens humains supplémentaires, nous pourrions aller plus loin. »
 

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