Au-dessus de la mêlée

Omniprésent dans les médias nationaux, Jean-Pierre Raffarin n’aime rien tant que revenir sur ses terres poitevines. Le sénateur de la Vienne et ancien Premier ministre s’est confié à la rédaction du « 7 » sur une foultitude de sujets. Dont son avenir politique, étroitement lié à celui d’Alain Juppé.

Arnault Varanne

Le7.info

A l’heure où la classe politique s’écharpe sur la déchéance de nationalité ou la loi Travail, Jean-Pierre Raffarin semble échapper au syndrome de la politique politicienne. A sa manière. Les errements de l’ex-Région Poitou-Charentes, dirigée par sa rivale de toujours, Ségolène Royal ? Il préfère « ne pas participer à la polémique » actuelle et réserve ses flèches acerbes pour octobre, « lorsque les conclusions de la Chambre régionale des comptes seront connues ». Rendez-vous à la rentrée. En attendant, « JPR » joue sur du velours, au soutien d’un candidat à la stature suprême loin devant dans les sondages. « Alain Juppé, c’est comme une adresse connue pour moi. Notre histoire commune est très longue. C’était une évidence… » 

A l’en croire, en 2017, le maire de Bordeaux et… ancien Premier ministre sera « le seul capable » de faire barrage à Marine Le Pen. « Dans ce climat de gravité qui va s’accentuer, les thèmes du courage et de la capacité à réformer seront les plus forts », avance le sénateur de la Vienne. Et tant pis si Juppé et ses 70 ans incarnent de très loin une forme de renouvellement, auquel les Français aspirent. Son «éthique de responsabilité» et « sa capacité à rassembler » auraient des vertus anti-âge selon son principal soutien chez Les Républicains. A moins que ledit renouvellement ne s’opère « par des réformes à même de changer le rapport des citoyens avec les politiques ».  

« Pas de perspectives personnelles »

Dans l’hypothèse d’un succès d’Alain Juppé, les observateurs avisés prédisent à Jean-Pierre Raffarin un maroquin au Quai d’Orsay. De fait, les anciens Premiers ministres (Juppé, Fabius, Ayrault) s’y montrent en général à leur avantage. Le président de la Commission des Affaires étrangères et de la défense du Sénat n’y pense pas en se rasant le matin. Du moins, il jure n’avoir « pas de perspectives personnelles ». D’évidence, son rôle d’électron libre, à mi-chemin entre son Poitou natal, dont il préside l’Agence de créativité et d’attractivité, et les ors de la République, l’occupe à plein temps. Sans compter ses nombreux voyages à l’étranger, où ses réseaux sont puissants, notamment sur le continent asiatique. Le 26 mars, il était à Shanghai, au côté de Joël Robuchon. Le chef (poitevin) multi-étoilé a ouvert son premier restaurant en Chine. 

Dans deux ans et demi, c’est à Montmorillon que les deux compères se retrouveront pour dévoiler l’Institut international de cuisine Joël Robuchon… avec 65M€ d’argent chinois investis. De l’international au local, de la politique à l’économique, Raffarin raffole de son rôle d’ambassadeur occasionnel et de VRP perpétuel. A la fois au-dessus de la mêlée et les mains dans le moteur. A bientôt 68 ans, le «Phénix du Poitou» -comme l’avait surnommé Le Canard Enchaîné- n’a jamais aussi bien porté son sobriquet. 

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