Ces étudiants qui rapportent

A la rentrée, l’université de Poitiers a franchi le cap des 26 000 étudiants. Au-delà du symbole, ce nouvel attrait se traduit par des retombées économiques concrètes.

Arnault Varanne

Le7.info

Ceux qui avaient enterré (un peu vite) la vénérable université de Poitiers en sont pour leurs frais. Entre 2012 et 2016, l’institution séculaire a gagné près de 4 000 « membres », pour atteindre le chiffre record de 26 000 étudiants à la rentrée 2016. « Notre pluridisciplinarité, qui se traduit par une offre de plus de deux cents formations, séduit les lycéens de l’académie. En accentuant les liens avec les établissements, notamment dans le cadre de la Semaine de l’orientation, nous avons su nous rendre attractifs », se réjouit Yves Jean, qui entame son deuxième mandat à la présidence de l’université de Poitiers. 

Un seul exemple. Alors qu’ils n’étaient que quatre-vingt-douze en 1re année de Sciences éco, en 2012, ils sont aujourd’hui plus de deux cent vingt. L’air de rien, le vent de jeunesse qui souffle sur l’ex-capitale régionale profite à de nombreux secteurs économiques. Un étudiant dépense en moyenne de 700 à 800€ par mois. « Chez Bed and school, les retombées sont concrètes, reconnaît Baptiste Audonnet, responsable de l’agence poitevine. Sur le rush estival, nous avons réalisé une centaine de transactions, contre 60 l’année dernière. On a passé un cap ! »

« Un peu de bruit le jeudi soir »

Les agences immobilières constatent le même phénomène, avec des petits logements (studios, T1) de nouveau très prisés. Conséquence directe, le nombre d’étudiants bénéficiaires d’aides aux logements a grimpé à la Caisse d’allocations familiales de la Vienne. Ils étaient 13 000 en 2015 et leur nombre s’élève déjà à 13 200 en septembre. A la Ville, on se réjouit évidemment de l’attractivité retrouvée de l’université. Pour des raisons très concrètes… Cette année, la Dotation de solidarité urbaine (DSU) a crû d’1,6M€. Cette dotation est calculée sur plusieurs critères, notamment le taux de bénéficiaires de l’allocation logement. Et comme 75% des étudiants poitevins en bénéficient… « On peut bien les laisser faire un peu de bruit le jeudi soir », avait plaisanté Alain Claeys au printemps, en marge de la présentation du budget. 

Le renfort des lignes 1 et 13 du réseau Vitalis traduit également ce besoin d’adapter l’offre de transports à la hausse du nombre d’étudiants. Le revers de la médaille ? En biologie et psychologie, les amphis affichent complet. « A la rentrée 2017, les universités françaises prévoient 80 000 étudiants supplémentaires. A moyens constants, nous ne pourrons pas les accueillir dans de bonnes conditions », prévient Yves Jean. A Poitiers comme ailleurs, le recrutement d’enseignants-chercheurs s’avèrera indispensable. C’est aussi bon pour l’économie locale… 

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