Renaud Francomme carbure aux rencontres

Renaud Francomme. 51 ans. Arrivé dans la Vienne en 2015 à la tête de la direction territoriale de GRDF en Poitou-Charentes. Egalement président du Club Face86 et cofondateur du Team Poitiers, en basket 3x3. Sensible à la défense de l'environnement, le Bourguignon dit puiser son énergie de la découverte et des rencontres.

Steve Henot

Le7.info

Il le reconnaît volontiers, le basket 3x3 lui a longtemps été étranger. « Et je suis nul avec un ballon ! » Renaud Francomme a pourtant « pris le virus » -analogie de circonstance- ces dernières années, au contact de Sylvain Maynier. Les deux hommes se sont rencontrés dans le cadre du partenariat qui lie depuis 2014 la Fédération française de basket (FFB) et le distributeur de gaz GRDF, que le Bourguignon d'origine a rejoint en 2015 au poste de directeur territorial en Poitou-Charentes. Une rencontre humaine avant tout. « La passion et les valeurs de Sylvain m’ont donné envie de me lancer dans l’aventure », confie-t-il.

Renaud Francomme était évidemment présent, le week-end dernier, aux abords du « playground » du Jardin des plantes, à Poitiers. Un équipement qui lui est cher, réalisé grâce au mécénat et au financement de son entreprise. « En concertation avec les joueurs », souligne-t-il. L'homme croit fort à la transversalité, à ces ponts qui peuvent relier des mondes a priori étrangers l'un à l'autre. Ici, ceux du sport et de l'entreprise. « La convergence des valeurs fait les meilleurs partenariats, assène-t-il. Entre GRDF et la FFB, il s’agissait de développer le 3x3 sur les aspects de mixité sociale et d'entraide, des valeurs ancrées chez nos salariés. » Puis il décide d'aller plus loin. Avec d’autres dirigeants d’entreprises, eux aussi passionnés de 3x3, il crée en 2018 le Team Poitiers pour « donner la chance à des équipes de rentrer sur un circuit ». Au sein de la structure, joueurs, joueuses et dirigeants traitent d’égal à égal, sans véritable organigramme. Et surtout, partagent une envie commune : « Faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux. » Comprenez, en y prenant du plaisir.

De l'eau au gaz

Renaud Francomme s’y est attaché tout au long de sa carrière. « Mes passions, je les exprime dans tout ce que je fais », dit-il. Fils d'une mère travaillant au Trésor et d'un père rompu aux servces publics, il a embrassé diverses études scientifiques à l'université. Hydrologie, biologie... Toujours en cochant l'option « écologie ». « Ces études m'ont donné une curiosité que j'exploite, ça apprend à regarder le monde de manière plus globale. » Au sortir des bancs de la fac, en 1997, il rentre à l'ex-Lyonnaise des eaux (qui a rejoint le groupe Suez en 1997, ndlr), où il mêle l'approche technique de son métier à une lecture environnementale des choses. « Cette période m'a permis de développer les interactions avec le monde extérieur. » Avec les collectivités bien sûr, mais aussi avec d'autres acteurs des territoires. A Bordeaux, il a ainsi lancé divers partenariats avec des associations de protection de l'environnement pour développer la biodiversité dans des zones humides. Et en incitant ses salariés à se former sur le sujet, « pour qu'ils soient acteurs ». A Rouen, il a contribué à la création de jardins familiaux en milieu urbain. « Il suffit d’avoir une idée et de l’envie, ça ne demande pas d’effort. On en tire du plaisir car cela donne du sens à nos actions. »

En 2015, après vingt ans dans le monde de l'eau, le milieu de l'énergie s'offre à lui. « On entrait dans une nouvelle ère de transition énergétique, c'est ce qui m'a attiré chez GRDF. On ne partait pas d'une page blanche mais presque. J'y suis allé en me disant que je pouvais être acteur et décideur. » Mais pas seul. Le travail avec les collectivités et les particuliers est au cœur de sa fonction, qui consiste à accompagner la transition énergétique du territoire, du gaz vers le biométhane. Aux oppositions qui s'élèvent, parfois, contre les projets d'usines de méthanisation, il répond par « la pédagogie  ». Le dirigeant de 51 ans vise l'objectif 10% de consommation de « gaz vert » d'ici 2021, à Poitiers. « C'est assez gratifiant de voir cette première action de transformation. » D'autant plus au moment où la municipalité est passée au vert. « On attend tous des évolutions sur l'écologie, moi le premier. Et je m'en donne les moyens. »

« Diffuser une parole »

La Vienne, il ne s'y était jamais arrêté jusqu'à son arrivée. « Et pourtant, je connaissais l'A10 par cœur ! » Il a découvert une région « où il fait bon vivre, qui ne demande qu'à être connue » et surtout, y a fait de belles rencontres. Sylvain Meynier donc, mais aussi des acteurs économiques locaux, qui partagent son engagement en matière de RSE (responsabilité sociale des entreprises). C'est ainsi que Renaud Francomme est devenu président du Club Face86 (Fondation Agir contre l'exclusion), un collectif d'entreprises, associations et collectivités qui lutte contre les discriminations. Ce regroupement s’est fait connaître pour son implication dans la création de CV vidéos au profit de personnes éloignées de l’emploi, pour son aide en faveur de la recherche de stages de 3e et pour ses conférences thématiques (sur le handicap, le management, etc.). « On essaye de diffuser une parole. »

Rien ne l'enthousiasme plus que de donner du temps aux autres. Du temps, il lui en reste tout de même pour lui et ses proches, rassure cet amateur de de plongée et de course à pied. « Je fais du sport, m'occupe de mes enfants, je lis... J'ai aussi du temps à ne rien faire chez moi, je le savoure. On organise son temps pour faire tout ce dont on a besoin. C'est ce qui me donne de l'énergie. » L'énergie, il la puise surtout dans les rencontres. Son moteur de vie. « Chacune m'a apporté un atout supplémentaire, m'a inspiré. Chacun nourrit l'autre, il ne faut jamais être que consommateur. »

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