Edwige Diaz : « Mettre le paquet sur la sécurité »

A quelques jours des élections régionales, Le 7 donne la parole aux huit têtes de liste. Deuxième volet avec la candidate du Rassemblement national, Edwige Diaz.

Arnault Varanne

Le7.info

Quelle serait votre première mesure si vous étiez élue à la tête de la Région ?
« Je ferai d’abord un audit des finances, bien sûr. Ensuite, je restructurai les commissions, en créant un poste de vice-président à la sécurité. Mes opposants politiques n’arrêtent pas de dire que ce n’est pas une compétence régionale, c’est faux, archi-faux. Quand on veut protéger les Néo-Aquitains et avoir le courage politique de mettre le paquet sur la sécurité, on peut le faire. J’en ferai une priorité, notamment aux abords des lycées et des facs, au nom d’un meilleur apprentissage. Je ferai la même chose dans les transports interurbains et les TER. On dit que les gens doivent prendre le train, mais s’ils ne se sentent pas en sécurité, ils ne le prendront pas. Je veux aussi que les conducteurs arrêtent d’aller travailler avec la boule au ventre. Je propose que la Région co-finance la Brigade de sûreté de la SNCF pour qu’on augmente les effectifs. Les sondages favorables ? Je dis depuis le début que je suis prête à diriger la Région. C’est pour cela que j’ai constitué une équipe avec la commission nationale d’investiture. Quand on est élu, il faut entre 10 et 15 vice-présidents et j’ai besoin de bien m’entourer. Si je m’inscris dans cette perspective de victoire, c’est parce qu’on ne peut pas dissocier ces élections départementales et régionales de l’élection présidentielle. Quand on voit la dynamique de Marine Le Pen dans les sondages, on se dit que c’est possible. Si on veut en finir avec la gestion socialiste depuis vingt-trois ans, le seul vote utile, c’est le Rassemblement national. »

Qu’est-ce qui vous sépare fondamentalement d’Alain Rousset, le président sortant ?
« J’ai beaucoup d’estime à titre personnel pour Alain Rousset, je ne ferai donc pas d’attaques personnelles. Ce qui nous oppose le plus, c’est que lui est un décentralisateur. Il rêve d’une région comme un länder allemand. Je considère qu’une Région ne peut forte que si elle s’inscrit dans un Etat stratège. Moi, je suis plutôt jacobine alors qu’Alain Rousset est presque indépendantiste. On pourra faire tous les investissements qu’on voudra, si on ne travaille pas avec l’Etat, ça ne marchera pas. »

Les compétences du Conseil régional sont assez peu connues des habitants. Comment serait-il possible de mieux les faire connaître ?
« Moi, je le dis clairement, je suis la candidate de Marine Le Pen, j’espère la future Présidente de la République. Pour qu’elle réussisse le redressement national, elle aura besoin d’élus locaux. Il lui faut donc beaucoup d’ambassadeurs. Les compétences ? Les gens s’en fichent. Après, il y a deux élections en même temps. Nous, ça nous va très bien car notre programme est le même : plus de proximité, lutte contre la fracture territoriale.

Quelles compétences souhaiteriez-vous décentraliser ?
Les métropoles concentrent tous les pouvoirs, la ruralité est oubliée. Je propose une démétropolisation et un désenclavement des territoires ruraux. Il faut qu’il y ait un bureau Conseil régional présent dans les Maisons France service par exemple, notamment pour aider les gens, associations ou entreprises, à remplir les dossiers. Il faudra aussi passer par une simplification. »

Au-delà de la décentralisation, qu’est-ce qui pourrait fédérer cette Région, rassembler tous les territoires autour d’une identité régionale ? Un événement culturel ? Ou sportif ?
« Je ne veux pas obliger les gens à avoir un sentiment d’appartenance néo-aquitain. Je rappelle que nous étions les seuls à nous opposer à cette fusion des Régions il y a six ans. Maintenant, il faut faire avec. »

 

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