Aujourd'hui
Le Département et Grand Poitiers sont à couteaux tirés depuis plusieurs mois sur la question de l’aéroport de Poitiers-Biard. Et le dernier épisode en date ne risque pas d’améliorer les relations entre les deux collectivités, condamnées à cohabiter au sein du syndicat mixte de gestion de l’infrastructure. La semaine dernière, Grand Poitiers a annoncé son intention de mener une étude prospective sur « l’avenir de l’outil dont l’équilibre économique est en difficulté ». Gilles Morisseau, vice-président de Grand Poitiers et maire de Biard : « On nous a collé une image de méchants qui veulent fermer l’aéroport. Ce n’est pas notre point de vue. Mais nous avons le devoir et la responsabilité d’interroger le modèle. »
Cette réflexion est confiée à deux cabinets bordelais « spécialistes de la transition urbaine et reconnus pour savoir métamorphoser des infrastructures en déclin ». Le premier s’appelle Darwin-Métamorphose et a transformé l’ancienne caserne Niel de Bordeaux en éco-système économique, écologique, citoyen et culturel. Près de 200 entreprises y sont hébergées et 1 200 emplois ont vu le jour. La société de conseil et de formation Koncilio accompagnera aussi la démarche initiée par Grand Poitiers, avec un rendu prévu en janvier 2022. Coût : 45 000€. « Nous allons appeler tous les acteurs économiques du territoire pour leur demander de s’associer, le CHU, la Région, le Département, les citoyens... », ajoute Gilles Morisseau.
Alain Pichon a reçu un appel de la présidente Florence Jardin trois jours avant la conférence de presse de présentation. Et c’est peu dire que le président du Département et du Syndicat mixte de l’aéroport (SMAPB) a peu apprécié la méthode. « Je ne suis pas fermé à la discussion mais le démarrage est un peu étrange, reconnaît l’élu. On me parle d’un cabinet spécialisé dans la remise en état des friches. Jusqu’à preuve du contraire, l’aéroport n’est pas une friche, est très bien équipé et adapté aux règles en vigueur... » Alain Pichon n‘ignore rien des difficultés de l’infrastructure, en nette perte de vitesse avec « un volume de passagers faible. Mais les équipes sont hyper-présentes, mobilisées et se battent tous les jours pour redresser la situation. Il est important qu’on travaille ensemble. Moi, je ne suis pas dans l’idéologie mais dans le pragmatisme ».
Le président du syndicat mixte annonce au passage que l’exploitant Sealar travaille sur l’ouverture de nouvelles lignes commerciales dans le premier trimestre 2022. Tout ce dont ne veut plus Grand Poitiers, actionnaire minoritaire au sein du syndicat mixte, qui ne nie pas l’utilité de la structure pour les vols sanitaires, d’affaires, militaires... Les conclusions de ces études devraient être rendues publiques dans le même timing. Avant cela, un comité de suivi est prévu dans les prochains jours. L’ambiance devrait être polaire.
Un trafic en chute
Qu’il semble loin le temps où le nouvel exploitant Sealar promettait au syndicat mixte 170 000 passagers à l’horizon 2031. La crise sanitaire a balayé les ambitions de tous les aéroports français. Entre octobre 2020 et novembre 2021, Poitiers a vu passer 19 452 passagers, soit la moitié de la période précédente (38 884) et six fois moins qu’entre novembre 2018 et octobre 2019 (116 663). On ne peut d’ailleurs plus effectuer le trajet Poitiers-Lyon dans la journée.
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