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L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne, rédacteur en chef du 7.
En matière d’énergie, la Région s’appuie sur le Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires, adopté le 27 mars 2020, pour fixer ses orientations. L’objectif est ambitieux : atteindre 4 500 mégawatts (MW) d’éolien terrestre d’ici 2030 en Nouvelle-Aquitaine. Pour y parvenir, le rythme d’installation devrait atteindre environ 335MW par an. « Il faudrait environ 300 éoliennes supplémentaires en Nouvelle-Aquitaine », expliquait Baptiste Wambre, directeur général de la société Eolise, basée à Chasseneuil, au micro d’Ici Poitou en septembre dernier. Mais derrière ces objectifs et ces chiffres, les projets provoquent régulièrement divisions et craintes dans les territoires ruraux.
C’est le cas autour des communes de Chalandray et Ayron, où un projet porté par la société allemande WPD prévoit l’installation de treize éoliennes, dont certaines pourraient atteindre 230m de hauteur. À titre de comparaison, celles du parc du Rochereau, exploité par Sorégies, culminent à environ 120m. Pour Pascal Toulouse, membre de l’association Vent des Trois Vallées, ces installations pourraient bouleverser le cadre de vie local. « Imaginez la taille de la tour Montparnasse au milieu des champs. Les pales feraient près de 80m. Cela dénaturerait complètement le paysage », estime cet habitant de Chalandray. Les opposants évoquent plusieurs inquiétudes : les nuisances sonores pour les riverains, les effets sur la biodiversité ou encore la possible dévalorisation des habitations proches. Un précédent est souvent cité : un projet d’éoliennes sur les communes de Champigny-en-Rochereau et Villiers avait été abandonné en raison des risques jugés trop élevés pour l’outarde canepetière, une espèce d’oiseau protégée. Autre critique avancée : la distance réglementaire. En France, les éoliennes doivent être installées à au moins 500 mètres des habitations, une règle que certains habitants jugent aujourd’hui insuffisante au regard de la taille de ces installations.
Au-delà des questions environnementales, les projets de parcs peuvent aussi créer des tensions locales. Selon les opposants, les développeurs démarchent d’abord les agriculteurs afin de louer une partie de leurs terrains. « Les propriétaires peuvent toucher plusieurs dizaines de milliers d’euros par an pour l’installation d’une éolienne. C’est difficile de refuser », explique Pascal Toulouse. Ces accords fonciers permettent ensuite aux entreprises de préparer le dépôt d’un dossier en préfecture. Mais certains habitants estiment ne pas être suffisamment consultés. Une pétition lancée contre le projet a déjà recueilli 345 signatures. Contactée par nos soins, la société WPD n’a pas souhaité répondre à nos questions pour « ne pas alimenter le débat en vue des élections municipales ».
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