Pour le compte d’Habitat de la Vienne, Bouygues Bâtiment rénove actuellement 178 logements dans le quartier des Couronneries. Particularité de l’opération : elle se déroule en site occupé. D’où la nécessité d’un dialogue nourri avec
les locataires.
De grandes bennes à déchets sont installées entre deux des trois immeubles de la résidence Antarès, à Poitiers. Des bennes mises à disposition des habitants pour qu’ils puissent vider leur cave avant travaux. Au 1, rue de Picardie, a débuté en février une opération un peu spéciale, confiée à Bouygues Bâtiment, qui durera au total un an :
la réhabilitation de 178 logements. « Le programme intègre la réfection complète des salles d’eau et des cuisines avec changement de VMC, l’amélioration des halls et de l’accessibilité, la création de locaux à vélos, la reprise des toitures-terrasses, l’isolation des caves », liste Antoine Sevelin, conducteur de travaux chez Bouygues Bâtiment.
Les trois résidences ne sont pas vidées de leurs locataires le temps du chantier, celui-ci se déroulant « en site occupé ».
Concrètement, l’intervention des ouvriers dure dix jours dans chaque appartement, avec une aspiration des poussières à la source et du matériel sur batterie. Les habitants n’ont « pas accès à leur douche pendant trois jours ». En revanche, ils peuvent échapper au désagrément pendant quelques heures en se réfugiant dans un appartement « répit ». « Nous avons expliqué le projet avant que les travaux commencent et ils ont donc pu anticiper, précise Virginie Gaumin, chargée de la relation avec les résidents et habitante du quartier. Ils ont de la famille ou des amis chez qui ils peuvent se doucher ou manger le midi. »
« Etre rassurés »
Globalement, ces travaux d’amélioration du logement sont vus
« d’un bon œil », reconnaît Benoît de Vitry, directeur de travaux.
« Mais parfois, les gens ont besoin de voir ce qui a été fait chez leurs voisins pour être rassurés. C’est beau, neuf et agréable. » Une majorité de personnes âgées occupent les plus petites surfaces, des T2 et T3, avec quelques familles dans des T5. Au rythme d’un chantier ouvert par jour, la réhabilitation devrait s’étaler jusqu’en mars-avril 2027. A noter que si 90% des travaux sont assurés par des entreprises locales,
3 500 heures d’insertion sont prévues.
Sur le plan environnemental, Habitat de la Vienne a fixé un objectif de réemploi d’environ 5% des matériaux via la Regratterie, Mélusine ou VMS. Le bailleur social mène un vaste plan de réhabilitation de plus de 120M€ sur quelque 3 000 logements dans le département. L'opération en question coûte 6M€. Les locataires devraient en voir les bénéfices mais sans surcoût sur les loyers. « Nous avions déjà refait les bardages en 2022 », précise Pascal Aveline, directeur général d'Habitat de la Vienne.