En Nouvelle-Aquitaine, de nombreux élèves ne poursuivent pas leurs études dans le supérieur. Le Ceser s’est penché sur cette question dans son dernier rapport.
15 000 lycéens de Nouvelle-Aquitaine n’entament pas de cursus universitaire. Pourtant, la région est l’une des meilleures élèves du pays avec un taux de réussite au baccalauréat très élevé. Le Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) Nouvelle-Aquitaine a souhaité étudier ce phénomène :
« Nous avons réalisé un sondage auprès de 3 000 lycéens
du territoire ainsi que deux focus groupes avec des membres du Conseil régional des jeunes », explique Yves Jean, ancien président de l’université de Poitiers, aujourd’hui à la tête du Ceser. Cette étude prend en compte différents facteurs économiques, sociaux ou géographiques. L’objectif :
comprendre les raisons de l’abandon et proposer des pistes d’amélioration.
Deux freins majeurs identifiés
L’enquête a révélé plusieurs éléments responsables de la non-poursuite des études, en premier lieu le coût financier. Mais ce sont deux autres obstacles qui ressortent particulièrement. « L’éloignement géographique entre le domicile et le lieu d’études ainsi que les problématiques liées au logement sont les principaux freins pour les élèves interrogés », note Michèle Prevot, secrétaire de la commission. Plus d’un quart des lycéens précisent même que la distance est un facteur majeur de renoncement aux études. « Au-delà d’une heure de trajet, nous observons une chute massive du nombre d’inscriptions en formations universitaires notamment pour les élèves des milieux ruraux »,
ajoute-t-elle. La difficulté à trouver un logement étudiant dans certains territoires demeure aussi une réelle contrainte pour les familles.
Quelles solutions
apporter ?
Pour favoriser l’accès à l’enseignement supérieur, le Ceser propose le développement de campus connectés, déjà existants dans d’autres régions. Cela permettrait de lutter contre les problèmes géographiques avec des formations à distance.
« Nous préconisons également la création d’un forum régional de la colocation étudiante. Les jeunes pourraient être mis en contact plus facilement », suggère Jean-François Bourdoncle, président de la commission éducation, formation et emploi. D’autres idées sont également en réflexion comme la création de guichets uniques permettant de renseigner les lycéens sur les questions liées à la vie étudiante (transports, logements, offre de formation…). Ainsi, pour orienter davantage les jeunes vers l’enseignement supérieur, certains axes sont encore à améliorer. « Les études permettent l’ascension sociale, chaque lycéen doit y avoir accès », conclut Yves Jean.