Châtellerault : Anne-Florence Bourat sous surveillance

La nouvelle maire de Châtellerault a succédé à Jean-Pierre Abelin vendredi. Elle aura quatre types d’opposants. Mais déjà se profile « un troisième tour » à l’agglomération, le 7 avril, où la concurrence pour la présidence sera plus rude.

Arnault Varanne

Le7.info

Anne-Florence Bourat a donc exaucé son rêve : devenir maire de Châtellerault après dix-huit ans comme adjointe dans l’ombre de Jean-Pierre Abelin. Quatrième au soir du premier tour, la centriste a réussi l’alliance gagnante avec David Simon (5e) pour faire barrage à Hager Jacquemin. La candidate du Rassemblement national a échoué à 169 voix 
et la nouvelle assemblée s’apparente donc à un drôle de puzzle : 25 postes pour la majorité, cinq pour le RN, quatre pour Thomas Baudin et ses colistiers, trois pour Manuel Costa Nobre et deux en faveur du Parti communiste allié au Part socialiste.

« Gouverner c'est continuer, corriger, amplifier, parfois réorienter, mais toujours avec le sens du bien commun », a d’emblée tenu à exprimer la nouvelle maire. Au cours d’un discours de six minutes, elle a promis d’associer les habitants : « La gouvernance que nous mettons en œuvre repose sur une conviction simple : une ville se dirige avec méthode, mais elle se construit avec eux. » Pas sûr que l’état de grâce dure longtemps. Son ancien collègue de la majorité Thomas Baudin a donné le ton dans son discours inaugural. « Sache que tu trouveras en nous une opposition constructive, peut-être un peu ferme, je préfère annoncer les choses. » Même tonalité chez Hager Jacquemin résolue à mener une opposition « responsable, exigeante et constructive ».

« Il a super bien travaillé sur son projet… »

A l’hôtel de ville, le binôme Bourat-Simon devrait donc pouvoir 
« améliorer le quotidien, faire vivre [les] centres-villes, accélérer les transitions, soutenir [les] services publics, renforcer la sécurité et la cohésion ». Mais le pourra-t-elle à Grand Châtellerault ? 
L’élection de la nouvelle gouvernance des 47 communes(*), le 
8 avril, pourrait réserver quelques surprises : les 81 élus devront élire leur nouveau président et le nom du maire de Chenevelles, Cyril Cibert, revient avec insistance. Et le président de l’association des maires ruraux de la Vienne a quelques partisans dans la ville centre. « J’ai toujours dit que si j’étais élu maire de Châtellerault, je laisserais la place à un élu de la ruralité », reconnaît Manuel Costa Nobre. Thomas Baudin a, lui aussi, changé d’avis au cours des dernières semaines.

« J'entends ici ou là qu’il y a beaucoup de postes mutualisés entre la Ville et l’Agglo et qu’il y aurait un impact si on dissocie les deux directions. Pour autant, je sais que c'est faisable financièrement, développe l’ancien adjoint à la Sécurité de Châtellerault. Comme il y a une incertitude sur le bon fonctionnement de la ville centre, je m'interroge sur le garde-fou que pourrait avoir l’agglomération. » Un garde-fou nommé Cyril Cibert ? « Il faut avouer qu’il a super bien travaillé sur son projet et il est reconnu dans l’agglo, qu’on le veuille ou non. » Les grandes manœuvres ont démarré.

(*)Châtellerault dispose de 27 des 81 sièges au conseil d'agglomération : 18 pour Anne-Florence Bourat, 3 pour Hager Jacquemin et Thomas Baudin, 2 pour Manuel Costa Nobre, 1 pour Dominique Pasquet. Naintré aura 5 élus dans la future assemblée, Dangé-Saint-Romain, Thuré, Lencloître et Vouneuil-sur-Vienne deux strapontins, les autres un seul.

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