A Poitiers, Anthony Brottier veut 
« être à la hauteur »

Vote du budget, rapport aux habitants, gouvernance à Grand Poitiers, sensibilité politique… Le nouveau maire de Poitiers se livre sur les enjeux de la mandature à venir. Entre « exigence » et « humilité ».

Arnault Varanne

Le7.info

Quelques heures après votre élection, vous sembliez déjà comme déjà « habité par la fonction »… Est-ce une fausse impression ?
« Il n’y a pas eu d’excès pour moi le soir de l’élection car je sais que le plus dur commence. J’ai tout de suite voulu que nous soyons au travail pour être opérationnels le plus rapidement possible. Il faut être à la hauteur de nos engagements en tenant compte des réalités. »

Vous voterez le budget 2026 le 27 avril prochain qui sera celui de la précédente équipe. N’est-ce pas délicat pour démarrer ?
« Nous savons pertinemment que ce budget ne sera pas le nôtre. Nous allons voir dans quelle mesure nous pouvons y apporter certaines inflexions, mais aujourd’hui on ne connaît pas l’ensemble des choix qui ont été faits, notamment la baisse des subventions aux associations… Les marges sur le budget de la Ville comme celui de Grand Poitiers seront donc assez limitées. »

Quelles sont les mesures que vous souhaitez mettre en place rapidement parmi les 108 présentées dans votre programme ?
« Le travail sur la médiation peut être engagé rapidement. Nous avons aussi nommé des adjoints référents dans chaque quartier qui seront au travail très vite. Par ailleurs, nous pouvons déjà envisager d’avancer sur l’évolution de la police municipale. Nous pourrons aussi mettre en place, à Grand Poitiers, le stationnement gratuit d’1h30 le samedi. Pour les bus gratuits pour les moins de 
12 ans et le mercredi après-midi, cela devrait pouvoir se faire en septembre. »


Que vous a dit Léonore Moncond’huy lors de votre entretien la semaine dernière ?
« Déjà, je tiens à dire que ce n’est pas un moment très agréable. Léonore a fait preuve de beaucoup de dignité. Nous avons pu échanger sur plusieurs sujets sur lesquels elle voulait attirer mon attention : la poursuite du financement du Palais, la Caserne, le fonctionnement de la collectivité… Elle m’a dit qu’elle avait envie que le mandat réussisse et qu’elle se mettrait à disposition sur le transfert des dossiers, dans un état d’esprit constructif. »


Comment vos délégations d’adjoints reflètent-elles vos orientations politiques ?
« Il n’y avait plus d’adjoint aux Sports, nous avons recréé le poste. Il y a aussi une délégation ville inclusive. Et nous avons créé des adjoints supplémentaires (20 au total, ndlr) dédiés aux quartiers. »

« Je veux des élus qui bossent, soient loyaux et défendent l’intérêt communautaire. »

Quid de vos projets pour le bailleur social Ekidon, dont vous souhaitez qu’il rénove davantage qu’il ne construise ?
« La première étape consiste à pourvoir la présidence d’Ekidom. Je tiens absolument à ce que le ou la présidente soit un élu de Poitiers. Nous voulons des gens au conseil d’administration qui adhèrent à ce que nous portons avec une nouvelle organisation à travailler avec la direction actuelle. L’idée est d’anticiper certains projets de rénovation. C’est un sujet sur lequel nous sommes attendus. Mais on ne va pas mentir aux gens, on ne pourra pas rénover le parc en quinze jours. »

L’élection du président et du bureau de Grand Poitiers aura lieu le 8 avril. Quels messages faites-vous passer aux maires ?
« Nous devons voir les maires mardi (ce soir, ndlr) et nous poserons le cadre de l’exécutif communautaire. Il ne tiendra pas compte de la sensibilité politique. Ce qui compte à mes yeux, c’est l’engagement et le travail. Je veux des élus qui bossent, soient loyaux et défendent l’intérêt communautaire. Le contexte sera difficile car nous allons démarrer avec une augmentation des impôts. Il faut que tout le monde soit prêt à l’assumer. »

Certains projets comme le quartier de la gare et ses 50M€ vont-ils devoir être revus ?
« L’envergure financière de ce projet est problématique, pour Grand Poitiers comme pour ses partenaires. Nous allons devoir nous poser la question de son maintien. »

Grand Poitiers et le Département se sont beaucoup affrontés, en particulier sur la question du devenir de l’aéroport. Vous vous posez en rassembleur ?
« Bon nombre de dossiers vont avancer, je l’espère. Sur l’aéroport, Grand Poitiers n’est pas décisionnaire. Nous n’irons pas systématiquement au conflit avec le Département. Maintenant, il faut que nous soyons capables, dans les années à venir, de faire prendre un virage à cet aéroport. Il y a tellement d’enjeux derrière… » 


Votre sensibilité politique a beaucoup fait parler dans l’entre-deux-tours. Vous être de centre-gauche ? De centre-droit ?
(sourire) « Ça intéresse beaucoup les gens. Moi, je me considère de centre-gauche, social-démocrate. Je viens d’une famille socialiste. Dans la liste, nous avons des gens de sensibilités différentes. A l’échelle municipale, cela n’a pas tant de sens. »

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