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Le sommeil, un pilier de la performance
Kinésithérapeute à Poitiers, Jean Fleuret vous aide à optimiser vos performances en course à pied.
On parlait hier d’« infobésité » pour décrire l’accumulation dangereuse d’informations. Aujourd’hui, la vraie question n’est plus quantitative mais humaine : combien de drames pouvons-nous absorber sans nous abîmer ? Chaque jour, nous apprenons la mort, la guerre, la misère, parfois à quelques kilomètres de nous, souvent à l’autre bout du monde. Chaque jour, des tragédies, impliquant parfois des enfants, s’imposent à nous. À force de voir, d’entendre, de savoir… que devient notre sensibilité ? Peut-on être touché sans être submergé ? Peut-on continuer à ressentir sans finir par s’endurcir ?
En repensant à mes échanges avec mon grand-père, je mesure l’écart. À son époque, on n’apprenait pas quotidiennement la maladie, la souffrance ou les violences subies par d’autres. Pour être informé de ces réalités, il fallait qu’elles concernent un proche, géographiquement ou affectivement. Et pourtant, son époque n’était pas plus douce, loin de là.
Et comme si cela ne suffisait pas, nous devons désormais composer avec une réalité brouillée : celle des « fake news », produites à grande échelle, amplifiées par des outils d’intelligence artificielle générative accessibles à tous. Non seulement nous sommes exposés à la souffrance, mais nous devons en plus douter de ce que nous voyons. Alors, que faire ? Se couper de l’information pour se protéger ? Ou rester ouvert au risque de s’épuiser ? Si le XXe siècle a été celui de la communication de masse, le XXIe ne devrait-il pas devenir celui de la relation directe, de la convivialité retrouvée ? Dans cette logique, le philosophe Ivan Illich, dans la dernière partie de sa vie, avait fait le choix radical ne plus utiliser de micro, pour rester « à portée de voix ». Une manière de refuser la distance imposée par la technique, de préserver une relation réelle, directe, physique.
Pourtant, nous avons fini par associer le terme « réseaux sociaux » à des plateformes numériques de communication à distance. Etonnant, car un réseau social est, à l’origine, un espace d’interactions humaines concrètes (une famille, un groupe d’amis, une classe, une équipe…). Ainsi, avec la mise à distance à travers le développement du « télé » (phone, vision…), d’Internet, de la voiture et de l’avion, nous avons étendu nos liens à l’échelle du monde, et avec eux notre capacité à être affectés par tout.
Alors, quand une catastrophe survient quelque part, elle ne nous est plus étrangère. Cette « proximité à distance » est à la fois magnifique -elle témoigne de notre ouverture aux autres- et dangereuse, car elle peut nourrir une forme d’anxiété liée à un excès d’empathie. Alors une question, simple et inconfortable : pour rester humains, devons-nous réapprendre à vivre plus localement, y compris dans nos relations et notre manière de nous informer ?
PS : Je n’ai pas la réponse.
CV express
Maître de conférences associé à mi-temps sur le master management du sport Staps de l’université de Poitiers. Entrepreneur dans le domaine des organisations sportives.
J’aime : ma famille, mes amis, le paddle et le padel, les échanges avec les étudiants, passer une journée à la plage et la terminer en prenant l’apéro. Imaginer l’avenir… et participer à sa construction, lire, écouter, regarder les gens inspirants qui pensent sérieusement qu’on peut faire autrement.
J’aime pas : les phrases telles que « On a toujours fait comme ça », « Qui paye commande », « C’est pas possible », les gens sans convictions.
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Gabrielle de Tournemire. 28 ans. Réalise une thèse à l’université de Poitiers sur la question du pronom « nous » dans la littérature contemporaine. Autrice du très remarqué Des enfants uniques, récompensé à la rentrée 2025. Signe particulier : se sent « privilégiée ».