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Le sommeil, un pilier de la performance
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Scène ordinaire sur la pause méridienne au Jardin des plantes, à Poitiers. Pendant que leurs camarades discutent ou jouent au foot, une vingtaine de collégiens, de la 6e à la 3e, fréquentent le club d’échecs, le lundi ou le jeudi, pendant une heure. Mathilde et Félix ont quatre ans de pratique derrière eux, aux côtés du professeur de maths Laurent Alexandre, licencié à L’Echiquier poitevin. « Je ne savais pas qu’il existait des sports cérébraux !, avance Mathilde. Les échecs, ça fait réfléchir aux meilleures stratégies, et puis j’aime bien aussi la compétition… » La voilà comblée puisque son collège a décroché le droit de participer à la finale nationale du tournoi d’e-échecs en ligne sur Lichess, terminant 7e des qualifications « sur plus de cent établissements et 1 000 enfants », dixit le professeur.
En théorie, seules les six premières équipes ont accès à l’épreuve le 12 mai, à Paris. Mais Bastia s’est désistée, le dernier strapontin revient donc à Mathilde, Félix, Pierre, Marius, Samuel, Djawad et Jacques, les sept élèves amenés à défendre les couleurs de Poitiers face à Marseille, Aix-en-Provence, le Qatar, l’Union africaine... « Ça fait plaisir d’être qualifié », sourit Félix. De là à battre Monsieur Alexandre, il y a un pas. « Il est quand même très fort ! » Qu’ils jouent en ligne ou sur un jeu de plateau, ses jeunes disciples ne sont pas là que pour enchaîner les compétitions. Chaque séance démarre d’ailleurs par l’apprentissage d’une tactique ou d’une stratégie particulière. « Le but n’est pas forcément de gagner coûte que coûte, c’est de remporter une partie avec quelque chose de beau », abonde l’enseignant, qui a décroché l’année dernière son diplôme d’animateur 1er degré délivré par la fédération française.
Visiblement, les collégiens poitevins apprécient. Les effectifs ont quadruplé en quatre ans, signe que le bouche-à-oreille sur les vertus de ce sport cérébral a fonctionné. La relève est d’ailleurs déjà là, à l’image d’Ariel et Arsène, en 6e. « On joue depuis le début de l’année », témoignent les deux copains. « Moi, ça m’a vraiment fait progresser, abonde Arsène. Mais le principal, c’est de s’amuser. »
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Gabrielle de Tournemire. 28 ans. Réalise une thèse à l’université de Poitiers sur la question du pronom « nous » dans la littérature contemporaine. Autrice du très remarqué Des enfants uniques, récompensé à la rentrée 2025. Signe particulier : se sent « privilégiée ».