Poitiers tout en sérénité

Implacable et sûr de sa force, l'Alterna SPVB a surclassé Toulouse (3-0) lors du match retour des quarts de finale des play-offs, validant avec autorité sa qualification pour les demi-finales de Marmara SpikeLigue face à Paris. Portés par une confiance inébranlable et un collectif parfaitement maîtrisé, les Blacks s’affirment comme un prétendants crédibles au titre.

Pierre Bujeau

Le7.info

Ce n’est pas seulement un match qui scelle une qualification, c’est une impression persistante qui nous fait ressentir que, quoi qu’il advienne, Poitiers ne pouvait pas être renversé. Au cœur d’un Lawson-Body incandescent, porté par 2 413 âmes venues vibrer à l’unisson, les Blacks ont offert un récital maîtrisé de bout en bout. Ceux qui n’avaient pas assisté à la démonstration du match aller ont pu en voir la réplique parfaite, avec un nouveau 3-0 (25-17, 25-19, 25-23) infligé à une équipe toulousaine qui, pourtant, avait fait chuter les Blacks à deux reprises en saison régulière ( 3-1 à l'aller, même punition au retour). « Gagner 6-0, c’est bien. Contre mon ancien club, c’est encore mieux », glisse Tom Picard (15 points), sourire en coin. Le réceptionneur-attaquant, homme du match, peut savourer sans retenue sa prestation proche de la perfection mais préfère déjà regarder plus loin : « On a encore des choses à améliorer, notamment sur les contre-attaques. » Une exigence à l’image de cette équipe, dont la domination froide, presque clinique, traduit autant la forme du moment qu'une entente parfaite« La mayonnaise a bien pris depuis le début et ça se ressent. On bosse tous dans la même direction et il n'y a pas de mauvais gars. Tout le monde se donne à 110%, même le six non titulaire. »

Une domination logique

Car ce succès ne s’est pas construit dans une démonstration brutale, mais dans une forme d’emprise progressive. Le premier set, longtemps équilibré, a basculé sans fracas : quelques services adverses égarés -sept au total- , une réception plus propre, et le rapport de force glisse inexorablement du côté poitevin. Kevin Kobrine incarne alors cette montée en puissance, avec ses frappes lourdes et tranchantes. L’Américain termine avec 17 points, omniprésent, quand Picard apporte, dans un autre registre, cette justesse précieuse qui permet à son équipe de respirer dans les moments clés. Et lorsque le doute tente de s’inviter, Poitiers répond présent. À 16-16 dans le deuxième set, au cœur d’un passage plus tendu, les Blacks plient sans rompre, absorbent la poussée toulousaine, puis repartent avec la même maîtrise. Le contre se fait plus hermétique, le service -notamment celui d’Anatole Chaboissant- désorganise l'adversaire, et la confiance ne vacille pas. « Cette sérénité, cette confiance » (Cédric Enard) se retrouvent jusque dans les moments les plus brûlants, à l’image d’un troisième set accroché, encore indécis à 22-22, mais que Poitiers finit par faire basculer avec autorité. C’est précisément cet état d’esprit qu’il faudra transporter dans leurs bagages jusqu'à Paris, où les attend une demi-finale relevée face à une équipe parisienne tombeuse ce soir du champion en titre, le Tours Volley-Ball. « Il faut battre tout le monde pour aller au bout. Si on doit passer par Paris, on le fera », affirme Anatole Chaboissant. Match aller le 17 avril dans la Capitale, retour et belle éventuelle les 24 et 26 avril à Lawson-Body. 

 

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