Les jeunes de la Génération Z, nés entre la toute fin des années 90 et 2010, ont la réputation d’ériger le bien-être au travail et l’équilibre entre vies professionnelle et personnelle au rang de priorités absolues. Dirigeante d’OnWay, experte en coaching et en accompagnement RH, Emilie Tarrade leur reconnaît bien d’autres aspirations...

Nicolas Boursier

Le7.info

Pensez-vous, comme on l’entend ici et là, que les jeunes de la génération Z ont une relation à l’employeur totalement différente de celle entretenue par les générations précédentes ?

« On reproche, de manière un peu « cliché » bien souvent, aux 16-28 ans d’être détachés de la réalité et volatils dans leur carrière. Je crois plutôt que leur fierté d’appartenance et leur fidélité sont davantage orientées vers l’équipe, le collectif, plutôt que vers un seul manager ou un seul patron. L’attachement existe encore, le curseur s’est tout simplement déplacé vers d’autres « bénéficiaires ». Le rapport à l’employeur lui-même est différent : les « Gen Z » souhaitent un dirigeant inclusif et responsable, qui favorise la diversité et le développement durable. Ils sont, à ce titre, moins « exclusifs » dans leur relation à la hiérarchie que leurs aînés. »


Et leur relation au travail, quelle est-elle ?


« L’équilibre entre vies professionnelle et personnelle a pris toute sa place dans les critères de choix. Mais ce besoin n’est pas celui de la seule génération Z, c’est un vrai besoin de société, exprimé par tous les travailleurs aujourd’hui. Avec la pandémie Covid, le rapport au travail a changé, replaçant la famille, les loisirs et le confort de vie au premier rang des priorités individuelles. De nombreux dirigeants que j’accompagne disent, au sujet de la Gen Z, que « tenir leur mission ne suffit plus, ils veulent toujours de la nouveauté, que ça bouge ». Effet générationnel ? 
Peut-être ! C’est aussi l’effet d’être jeune, plein de dynamisme, d’avoir l’énergie et la créativité pour soi. »


« Ces jeunes-là font le choix de vivre différemment leur rapport au travail. »


Ce rapport au travail dépend donc du sens donné à une mission, à une fonction, 
à un projet ?

« La génération Z a conscience de sa valeur ajoutée pour une entreprise, notamment en termes de maîtrise des outils numériques, mais elle sait aussi que le temps et la vie sont précieux. Elle ne veut pas les gâcher en prenant de mauvaises décisions professionnelles. Ses choix sont clairs et précis. N’oublions pas que ces jeunes ont grandi avec des parents, des aînés (…) qui rentraient ou rentrent du travail épuisés, qui ont potentiellement été confrontés au licenciement, au burn-out, plus souvent encore à un management essentiellement directif. Ces jeunes-là font le choix de vivre différemment leur rapport au travail et de se protéger de ses dérives. Ils ne savent pas toujours définir ce qu’ils veulent faire, mais ils sont très attachés au sens, au 
« pourquoi » et à leurs conditions de vie, donc au « comment ». De fait, l’intérêt du poste peut parfois passer au second plan, les conditions de travail et le sens donné à la mission se révélant autrement fondamentaux. »

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