Au gré d’une conjoncture difficilement lisible, les entreprises de la Vienne font preuve d’un certain attentisme à l’heure d’embaucher des cadres. L’Apec reste toutefois confiante après une année 2025 positive.

Arnault Varanne

Le7.info

L’année dernière, 13 280 cadres ont été recrutés en Nouvelle-Aquitaine soit une progression de 7% par rapport à 2024. 
« Cette tendance est à contre-courant de celle observée à l’échelle nationale (-3%), note Valérie Fenaux, déléguée régionale de l’Apec Nouvelle-Aquitaine (Apec). Une hausse qui constitue un « rattrapage » après la forte contraction de l’année précédente. Sans surprise, la fonction commerciale est la plus demandée dans la région, tandis que l’industrie a tiré son épingle du jeu de la croissance. 


Mais, parce qu’il y a un mais, l’emploi cadre subit une sorte d’effet ciseau, notamment dans la Vienne. « Comme dans les Deux-Sèvres, nous sommes dans un département composé essentiellement de PME et TPE, remarque David Mathis, consultant entreprises à l’Apec. Certaines entreprises souffrent, comme Forsee Power ou Ziegler. Mais malgré tout, d’autres, sans être en difficulté, restent très prudentes. Elles prennent davantage de temps dans leur processus de recrutement, les délais s’allongent… » Ce qui fait dire au consultant que « le marché s’est inversé », désormais plutôt « en faveur des employeurs ». Dans le détail, le secteur du bâtiment a « repris des couleurs » avec beaucoup d’offres de conducteurs de travaux en menuiserie, tous corps d’état ou gros œuvre « pour lesquelles il est difficile de trouver les bons profils ». 


Le commercial, 
denrée recherchée

Autres secteurs en croissance : l’informatique, la gestion financière et la comptabilité. « A l’instant T, 647 postes de cadres et d’agents de maîtrise sont à pourvoir dans le département, dont 583 en CDI, détaille David Mathis. Après, on comptabilise aussi 39 postes en CDD et on commence à avoir quelques postes en alternance. » Au hit-parade des métiers les plus prisés, les fonctions commerciales (140 postes) arrivent devant les métiers de la finance et de la comptabilité (100 postes), de la production industrielle, des travaux et chantiers, du sanitaire et social et des métiers liés à la qualité, la sécurité et la maintenance. 


Cette photographie à un instant T 
du paysage poitevin est évidemment à regarder avec des lunettes adaptatives. Et pour cause, si les incertitudes budgétaires semblent derrière nous pour quelques mois, le contexte géopolitique et l’augmentation du prix des carburants ne laissent pas d’inquiéter. 
« Disons que les entreprises sont prudentes et attendent que l’orage passe. D’où un marché plus attentiste, mais des opportunités sont à venir », veut croire David Mathis.

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