Hier
Sur la table des négociations, un ordre de mission : 400M€ d’économies annuelles. Reçu six sur six. Dix jours à peine après être tombées d’accord sur l’évolution des règles de la rupture conventionnelle, organisations patronales (Medef, CPME, U2P) et syndicales (CFDT, CFTC, FO) ont validé d’une même voix, le 6 mars dernier, le projet de loi gouvernemental visant à redéfinir les conditions et les durées d’indemnisation chômage des allocataires ayant bénéficié d’une rupture de contrat amiable. C’est désormais à l’examen des parlementaires que ce texte doit être soumis. « Avant la fin avril », a très tôt annoncé le ministère du Travail. Mesure phare de ce projet de loi : la réduction, de dix-huit à quinze mois, de la durée maximale d’indemnisation des anciens salariés devenus demandeurs d’emploi après une rupture conventionnelle individuelle. « Ces chiffres ne valent que pour les moins de 55 ans », précise le ministère. La durée légale pour les plus de 55 ans, elle, passerait en effet à vingt mois et demi, contre vingt-deux mois et demi actuellement pour les chômeurs de 55 et 56 ans et vingt-sept mois pour les plus de 57 ans(*).
En plus d’inciter au retour à l’emploi rapide -une étude de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques au ministère du Travail évalue à 12 000 ou 15 000 le nombre annuel de retours à l’emploi supplémentaires encouragés par ladite mesure-, le projet de loi fait le pari de fortes économies comptables. 400M€ par an, disions-nous au départ, selon les premières estimations en provenance de la rue de Grenelle. A la lumière des débats entre organisations patronales et syndicales, les prévisions ont été revues à la hausse : de 600 à 800M€ à partir de 2028. Comble de l’optimisme, l’Unedic a même annoncé une montée en puissance à... 940M€ pour 2031. 940 millions ? C’est très exactement un dixième du poids financier estimé (9,4Mds€) de l’indemnisation chômage post-rupture conventionnelle. Vous avez dit pharaonique ?
(*)Les seniors peuvent bénéficier d’une prolongation de la durée d’indemnisation chômage, si l’analyse, par France Travail, de leurs démarches pour retrouver un emploi dénote un engagement fort et pérenne.
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