La Vénus électrique : l’art de l’illusion

Pour la quatrième fois de sa carrière, Pio Marmaï retrouve la caméra de Pierre Salvadori dans La Vénus électrique, une comédie romantique qui aborde avec finesse le thème du deuil.

Le7.info

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Parfois, pour aller mieux, nous sommes prêts à croire tout et n’importe quoi. Antoine Balestro (Pio Marmaï) en fait l’expérience dans la nouvelle comédie romantique La Vénus électrique. Ce jeune peintre à succès n'arrive plus à travailler depuis la mort de son épouse Irène, au grand dam d’Armand (Gilles Lellouche), son galeriste. Mais tout va changer lorsqu’un soir d'ivresse. Antoine tente d'entrer en contact avec sa femme par l'intermédiaire de Suzanne (Anaïs Demoustier) qui se fait passer pour une fausse voyante sous le nom de Claudia. Ce long-métrage, écrit et réalisé par Pierre Salvadori, a été sélectionné pour ouvrir la 79e édition du Festival de Cannes. Présentée comme une comédie romantique, cette œuvre surprend par sa profondeur et la dramaturgie du récit. Même si les personnages se retrouvent régulièrement dans des situations comiques, le scénario n’oublie pas de rappeler le drame vécu par Antoine et les séquelles qu’il subit au quotidien. Pio Marmaï livre ici une prestation très convaincante, oscillant entre humour et tendresse. Le spectateur suit cet homme qui reprend peu à peu goût à la vie au contact de sa voyante. Cette jeune femme, qui travaille à la Foire du Trône, se retrouve engluée, malgré elle, dans un mensonge qui va progressivement la faire tomber amoureuse du jeune peintre. L’alchimie entre Pio Marmaï et Anaïs Demoustier fonctionne parfaitement. Gilles Lellouche, qui interprète le galeriste Armand, propose une interprétation très juste, apportant beaucoup de nuance à un personnage à première vue très caricatural.

Le film se veut aussi très immersif. Se déroulant dans les années 20, le long-métrage retranscrit parfaitement l’atmosphère de l’époque et assure une plongée totale dans le Paris des années folles. Les décors, les tenues vestimentaires, les voitures et autres moyens de locomotion y sont pour beaucoup. La fluidité du scénario assure également un rythme particulièrement efficace, sans creux pendant deux heures. Petit bémol pour la comédie qui manque parfois de subtilité. Malgré tout, cette œuvre romantique devrait être un franc succès tant par l’originalité de son scénario que par le jeu des acteurs. Entre amour, comédie et mensonges, La Vénus électrique s’adresse à un public très large, bien au-delà des seuls amateurs de « rom-com ».

Comédie, Romance de Pierre Salvadori avec Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche (2h02).

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