Le Futuroscope en salle d’attente

Face à l’évolution défavorable de la crise sanitaire, la réouverture du Futuroscope a été repoussée de deux mois, au 2 avril prochain. Le directeur du parc, Rodolphe Bouin, revient sur cette décision et les conséquences de plusieurs mois de fermeture.

Steve Henot

Le7.info

Rodolphe Bouin, comment s’est décidé le report de la réouverture du parc au 2 avril ?


« Cette fois, il n’y a pas vraiment eu d’annonce de la part du gouvernement… On navigue à vue. Même si on n’y croyait pas trop, on avait fixé la réouverture au 6 février, car il faut bien que l’on donne une visibilité à nos salariés et, surtout, à nos 300 saisonniers. Le lendemain de l’annonce du report, on les a tous appelés. C’est une situation assez complexe, on décide selon ce qui nous semble raisonnable. »


Avez-vous déjà chiffré l’impact de la crise sanitaire sur votre activité ?

« Sur l’exercice 2019-2020, nous devions réaliser 108M€ de chiffre d’affaires et nous n’en avons fait que 58M€. Soit 50M€ de pertes. On a donc fait en sorte de dégager des économies pour les amortir, en réduisant nos charges de 25M€ sur l’exercice. Et nous avons recouru au chômage partiel pour environ 60% de nos effectifs. Heureusement que nous avons cette aide. Pour le reste, on agit avec nos moyens. »


« Aujourd’hui, on évite de se projeter »

Comment vous projetez-vous sur 2021 ?

« Aujourd’hui, on évite de se projeter. On a très bien marché pendant les vacances de la Toussaint (près de 120 000 visiteurs, ndlr), ce qui nous a rassurés sur la possibilité d’engranger des résultats intéressants sur l’année. Mais on a pris un coup sur la tête avec la fermeture du parc le 29 octobre. Et avec Noël et les vacances de février, on a d’ores et déjà perdu 25M€. Notre activité étant fortement concentrée entre avril et août, on espère se rattraper sur cette période. »


Votre plan d’investissements sur cinq ans est-il menacé par la crise ?

« Ce n’est pas le cas. Au contraire, il y a beaucoup d’effervescence ces dernières semaines, avec la présence de six grues sur le site. On prépare une nouvelle attraction (Chasseurs de tornades, ndlr) avec une ouverture pour 2022, ainsi qu’un nouveau show nocturne que l’on présentera au public dès la réouverture… Rien de notre plan n’est entaché et c’est une grande chance que l’on a, grâce au soutien d’actionnaires solides qui nous suivent. »


Êtes-vous en contact régulier avec les hôteliers de la Technopole, dont l’activité dépend beaucoup de la vôtre ?


« On se parle souvent, encore une heure la semaine dernière. Comme à nos salariés, j’essaye de leur donner de la visibilité, même si c’est compliqué. Je ne veux pas parler pour eux mais je sens de la confiance vis-à-vis de nos projets, lesquels sont pérennisés. »

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