Les RH ont de la ressource

Avec un taux de chômage de 7% à Poitiers, un peu plus élevé à Châtellerault, la Vienne connaît comme d’autres départements un ralentissement de l’activité économique. Les cabinets de ressources humaines s’en sortent pourtant de façon remarquable. Explications.

Arnault Varanne

Le7.info

Après la crise sanitaire, la crise économique. Voilà ce que les oracles prévoyaient à l’orée de cette année 2021 considérée comme celle de tous les dangers. Et ils ont en partie raison puisque beaucoup de secteurs d’activité restent à l’arrêt : tourisme, restauration, culture, loisirs... Mais le tableau est loin d’être noir et les mobilités professionnelles se poursuivent avec une vigueur insoupçonnée. « Si 2020 a été un peu en dents de scie, le premier trimestre 2021 est très bon », témoigne Rémi Thévenet-Le Bihan. L’intéressé a créé son cabinet de ressources humaines à La Grimaudière en mars... 2020. Soit au pire moment, a priori. Mais contre toute attente, le consultant a recruté une apprentie en septembre dernier et intégrera une autre salariée à la rentrée prochaine.

« Au premier confinement, tout s’est arrêté »

« Mon entreprise repose sur deux activités, les conseils RH pour les entreprises d’un côté, les bilans de compétences de l’autre. Et l’an passé, beaucoup de gens ont éprouvé le besoin de se recentrer et d’aller vers un emploi correspondant à leurs valeurs », commente le chef d’entreprise. Sur le front de l’emploi, justement, c’est loin d’être morne plaine. Rémi Thévenet-Le Bihan accompagne « beaucoup d’entreprises dans l’industrie qui cherchent des soudeurs, des opérateurs de commandes, conducteurs de lignes... Des postes déjà en pénurie avant la crise ». Alors, c’est vrai, le bassin industriel châtelleraudais souffre, notamment l’aéronautique et l’automobile, mais d’autres pans du secteur recrutent pour soutenir leur croissance. 


« Je travaille pour deux groupes, l’un fabrique du papier toilette, l’autre des sacs poubelle, témoigne Karine Billaud, du cabinet Kaphisto. Le premier a fait la meilleure année de son histoire. La grosse différence avec le printemps 2020, c’est qu’au premier confinement tout s’est arrêté, les recrutements ont été suspendus et les périodes d’essai pas validées. C’était lié à l’incertitude et au manque de visibilité. » La professionnelle des ressources humaines constate que « si les grands groupes peuvent se réorganiser en interne, les TPE-PME ont moins cette capacité ». D’où un afflux de candidatures sur certains postes, jusqu’à 210 sur une récente annonce ! 


Plus étonnant, même des secteurs a priori dans l’œil du cyclone cherchent de nouveaux collaborateurs. « C’est le cas dans la communication et le digital », insiste Karine Billaud, qui a aussi embauché une assistante pour la soulager. Au fond, elle estime que cette crise est aussi « un révélateur de la marque employeur ».

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