Sport et jeunesse, 
un décrochage réel

La diminution de l’activité physique chez les adolescents se confirme. Des spécialistes esquissent des pistes pour relancer leur intérêt à faire du sport.

Le7.info

Le7.info

Selon une étude en date de 2020, les jeunes Français ne sont que 13% à réaliser au moins une heure d’activité physique quotidienne. Maxime Travert, chercheur au CNRS et professeur à l’université Aix-Marseille, a sonné l’alerte la semaine dernière, à Poitiers(*), sur cette « épidémie » d’inactivité qui touche les ados. « Certains vont abandonner à cause de leur niveau sportif, d’autres en raison d’une mauvaise ambiance ou encore d’un manque de temps et de motivation », analyse l’enseignant.

Un phénomène plus important chez les filles

Plusieurs études ont constaté une corrélation entre le milieu social et la pratique sportive. Les jeunes des catégories sociales les plus modestes ont davantage tendance à abandonner la pratique d’un sport. Le coût financier a bien évidemment sa part de responsabilité. « Le décrochage sportif se manifeste beaucoup chez les filles. C’est un vrai révélateur des inégalités sociales et de sexe », avance le chercheur. Cette tendance est également rapportée par Fabienne Habrioux, membre du conseil d’administration de la Fédération française de canoë-kayak, au sein de la commission féminisation : « Il y a de vraies problématiques pour l’accès au sport pour les jeunes filles. Par exemple, pour un sport en plein air comme le kayak, il n’y a pas toujours de vestiaires spécifiques. » Diana Stoïan, conseillère technique fédérale de handball, observe aussi une baisse du nombre de licenciés dans les clubs à partir de 15-16 ans. Cela correspond à l’entrée des élèves au lycée, l’une des raisons majeures du décrochage.

Quels leviers activer ?

Pour tenter de ramener les jeunes vers la pratique sportive, certains aspects doivent être repensés : « Il est important de revoir la formation des entraîneurs et de remettre le loisir au cœur de la pratique », 
estime Diana Stoïan. Selon Fabienne Habrioux, le problème se situe essentiellement à l’école, lieu où la pratique sportive a été délaissée : « Actuellement, les jeunes n’ont ni le temps, ni l’envie de faire du sport le soir après une journée de cours. » Des aménagements scolaires seraient donc essentiels pour leur permettre de s’y (re)mettre. Fidéliser les jeunes dans les clubs pourrait aussi être une solution. « Le sport ne doit pas être diabolisé. Derrière la pratique sportive se joue surtout une véritable question de santé publique », conclut Maxime Travert.

(*)Lors d’un débat organisé jeudi 12 mars à l’initiative de l’UNSS et du Comité départemental olympique et sportif de la Vienne.

À lire aussi ...