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Il y a la famille des boucles, celle des pics, celle des ponts, et puis leurs « passagers », les barres des t, les points sur les i, les accents sur les e... Ils s’organisent en mots et en phrases, plus ou moins lisibles selon la petite main qui tient le crayon. Alors intervient la brigade des « applique-toi » et autres « je n’arrive pas à relire », griffonnés en rouge sur les cahiers d’écoliers. « Les enseignants n’ont souvent pas de solution », commente Christine Coton. Surtout, « quand un enfant est concentré sur l’écriture, il ne l’est pas sur l’orthographe, le sens des mots… », complète la graphopédagogue. Installée à Nouaillé-Maupertuis, elle propose des séances de rééducation de l’écriture. Rééducation, le mot est choisi car « il ne s’agit pas de reproduire le modèle mais le geste ».
Timoté, 8 ans, en CE2, est l’un de ses premiers… Clients ? Patients ? « Elèves », précise-t-elle. « Je ne tenais pas bien mon crayon et j’écrivais mal », confie le garçon. « En CP, on m’a dit que ce n’était pas grave, en CE1 il est resté beaucoup à la maison à cause de la crise sanitaire, et depuis la rentrée je le voyais en récupérant ses cahiers, explique Audrey, sa maman. En une séance, on avait déjà constaté les progrès ! »
Mais à quoi bon ? Au milieu de tous les claviers physiques ou tactiles qui volent la vedette au duo crayon-papier, l’écriture manuscrite a-t-elle encore sa place ? Assurément. « Elle active la mémoire kinesthésique, tranche Christine Coton. A chaque lettre correspond un geste différent. L’écriture manuscrite aide à enregistrer, mémoriser et apprendre. Cela a donc des conséquences sur l’apprentissage de la lecture et la mémorisation des contenus. » De plus « l’écriture permet d’externaliser la mémoire de travail, qui peut contenir en moyenne sept éléments chez l’adulte, et ainsi réduire la charge cognitive. Pour cela, il faut qu’elle soit automatisée. » Si ce n’est pas le cas, écrire peut devenir une « source d’inconfort, de fatigue voire de douleur » ou encore, « à partir du collège, vous avez des trous dans les leçons ». Il y a donc tout intérêt à savoir écrire vite et bien. Chez les adultes ? « L’écriture est souvent déjà automatisée », constate Christine Coton. Une rééducation peut être utile « pour la relatéraliser en cas d’accident de la vie comme un AVC, pour passer un concours... »
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