Golfs : moins d’eau dans le vert

Les golfs de la Vienne ont chacun leur histoire et leur fonctionnement, avec toutefois un point commun : la volonté de n’utiliser l’eau que pour l’essentiel, loin de l’image cinématographique trop verte de leurs greens et fairways.

Claire Brugier

Le7.info

Le golf de Mignaloux-Beauvoir a été la cible début juin d’un activiste à la sulfateuse, qui a dégradé une partie du gazon. Il n’est pas le seul. En France, quelques autres ont déjà connu le même sort, accusés de gaspiller l’eau.

A tort selon les responsables des cinq golfs de la Vienne où l’arrosage est limité et nocturne. Ici, l’image d’Epinal de parcours uniformément vert pomme semble révolue. 
« Depuis dix ans nous n’arrosons que 2% du terrain, soit uniquement le départ et les greens, c’est le minimum pour que le jeu soit praticable, rappelle Pierre-Antoine Barbot, directeur du Domaine de Roiffé. Nous récupérons les eaux de pluie des bâtiments et d’un puits. Et nous travaillons sur un modèle de réutilisation des eaux grises du domaine. » Parallèlement, « les attentes des golfeurs aussi ont changé ». Pâquerettes et trèfles sont désormais acceptés sur le fairway.

Au golf de Poitiers-Châlons, intercommunal avec une gestion associative, il n’en a jamais vraiment été autrement. La programmation de l’arrosage est faite green par green par le jardinier -le greenkeeper- Maxime Sagette. Pas question d’en perdre un, la facture serait trop salée (autour de 10 000€). Pour une raison financière également, le golf de Poitiers-Châlons n’a pas pu mener à terme son projet de récupération des eaux d’un nouveau lotissement voisin. 
« Nous ne connaissons pas les plans du réseau (ndlr, hérité de la présence américaine dans les années 1960). Il aurait donc fallu refaire tout le système et nous n’avons pas les moyens d’entreprendre de grands travaux », explique le président Claude Chevalier. Le golf est donc condamné à utiliser le réseau d’eau potable, à raison de 5 000m3 en 2022, bâtiments compris.

Départ et greens uniquement

Sur les 85ha de Saint-Cyr, les deux parcours de golf n’ont pas la même histoire en matière d’arrosage. Si le 9 trous a été conçu « dès l’origine avec une irrigation des greens et du départ uniquement », le 18 trous, qui a accueilli la semaine passée le championnat de France de golf universitaire, s’est converti aux économies l’an dernier. « Nous récupérons l’eau des côteaux dans une réserve, qui bénéficie aussi des débordements du lac », explique le directeur Christophe Jaulin. Quant au 8 trous de La Roche-Posay, il a droit… à de l’eau thermale. « Nous réutilisons l’eau des soins », confirme le directeur Alain Alizon. Mais ici l’enjeu dépasse largement le simple arrosage. Il en va de la qualité de l’eau car le parcours est installé sur le périmètre de protection de la ressource. Aussi a-t-il toute l’attention de géophysicien, hydrogéologue et autres spécialistes.

Pour les golfs -près de 800 en France-, la problématique de l’eau est incontournable. Les arrêtés de restriction les oublient rarement. La semaine dernière, le préfet de la Vienne a interdit leur arrosage entre 8h et 20h et imposé un registre de prélèvement à remplir hebdomadairement. Le représentant de l’Etat a par ailleurs prévu de rencontrer rapidement les responsables des structures locales.

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