Malgré un contexte économique tendu, le Département a adopté vendredi son budget 2026 qu’il veut à la fois « lucide et ambitieux ». D’un montant total de 569M€, il reste marqué par des marges de manœuvre de plus en plus réduites.
« Nous n’avons quasiment plus de leviers fiscaux », constate le président du Département, Alain Pichon. Une contrainte d’autant plus forte que les dépenses, elles, continuent de progresser. En première ligne, les politiques sociales, qui concentrent à elles seules près de 70% des dépenses de fonctionnement (454M€ au total). Les prestations liées à l’enfance, l’insertion, l’accompagnement au handicap ou au soutien aux personnes âgées représentent plus de 310M€, avec une hausse annuelle bien supérieure à l’inflation. « Chaque année, l’écart se creuse », alerte Claude Eidelstein vice-président aux Finances du Département. Côté recettes, la situation reste tendue. La collectivité ne dispose que de très peu de marges de manœuvre. Les dotations de l'État -TVA (118M€) et dotation globale de fonctionnement (67M€)- sont figées depuis quatre à cinq ans, sans réelle indexation sur l'inflation. Seuls les droits de mutation à titre onéreux (56,70M€) et la taxe sur les assurances progressent (64,78M€). Un léger rebond du marché immobilier en 2025 a permis d'encaisser 6M€ de plus que prévu, une bouffée d'air bienvenue. Dans ce contexte, le Département s’appuie sur une gestion resserrée engagée depuis 2024 pour préserver sa capacité d’action à l’avenir.
Investir malgré tout
La collectivité maintient un effort d'investissement de 111M€, preuve de sa volonté de ne pas sacrifier l'avenir. Parmi les postes d’investissement : 21M€ pour les collèges, dont la réhabilitation de Descartes, à Châtellerault, et la poursuite du pôle socio-éducatif de Mirebeau ; 16M€ pour les routes, notamment la déviation de Lussac-les-Châteaux ; 13M€ de subventions aux communes et intercommunalités ; et 5M€ pour les bâtiments, avec la livraison en juin de la Maison départementale des solidarités de la Frappière. Reste une équation fragile. Si le compte administratif 2025 affiche un résultat net de 21M€, une partie a été mobilisée pour équilibrer le budget 2026. « On ne fait que subir les dotations », résume Alain Pichon, qui appelle à une réforme en profondeur du financement des collectivités. Sans cela, prévient-il, « demain ce sera 100% des Départements dans le mur ».