L’Esigelec, basée sur la Technopole du Futuroscope, a accueilli récemment la 11e édition du Challenge Innovatech : un concours destiné à encourager la féminisation des métiers de l’ingénierie.
En Nouvelle-Aquitaine, l’industrie représente plus de
280 000 emplois salariés. Pourtant, en France, seulement 24% des postes d’ingénieurs sont occupés par des femmes. Pour lutter contre ce phénomène, l’association Elles bougent accompagne, depuis 2006, les jeunes filles vers les métiers de l’industrie. Le 19 mars, cette structure nationale a organisé, dans les locaux de l’école Esigelec, le 11e Challenge Innovatech, un concours exclusivement réservé aux filles : « Pendant une journée, une trentaine de lycéennes et d’étudiantes d’établissements de la région ont travaillé, en équipe, sur la conception d’un produit ou d’un service innovant et commercialisable », explique Séverine Ruelle, déléguée régionale adjointe de l’association. Les participantes ont été aidées par des ingénieures ou techniciennes, marraines de l’association. Des acteurs issus du monde industriel étaient également présents, notamment l’entreprise Safran. Le premier prix a été remporté par l’équipe proposant le développement d’une peinture intelligente à base d’algues recyclées. Celle-ci participera à la finale nationale le 6 mai à la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris.
Mettre fin aux stéréotypes
Le Challenge Innovatech s’inscrit dans une démarche claire : celle de faire évoluer les mentalités. Pour Séverine Ruelle, ce concours vise avant tout à donner confiance aux jeunes filles et à les inciter à rejoindre les écoles spécialisées, dont l’Esigelec. « Beaucoup d’entre elles ne se sentent pas légitimes à s’orienter vers ces formations qui manquent cruellement de talents féminins. » Ce type d’événement correspond parfaitement à l’engagement de l’école en faveur de l’égalité femmes-hommes dans les formations et métiers de l’ingénierie. L’objectif est également de briser les stéréotypes de genre largement présents chez les parents : « Le discours familial est souvent accompagné de préjugés qui peuvent être des freins pour les jeunes filles », souligne la déléguée régionale adjointe. En plus de ce challenge, l’association a aussi organisé l’événement « Elles bougent pour demain », à Saft Poitiers. Du
25 au 27 mars, des collégiennes, lycéennes et étudiantes de la région ont pu découvrir différents métiers à la fois scientifiques, techniques et technologiques. Ces nombreuses initiatives visent donc à apporter de la diversité à un secteur d’activité qui peine encore à se féminiser. À noter tout de même que l’Esigelec accueille, aujourd’hui en France, plus de 20% de filles dans le programme ingénieur contre seulement 8% il y a dix ans, signe d’une évolution positive au fil du temps.