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L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne, rédacteur en chef du 7.
Avec 17 établissements d’accueil articulés autour de six pôles d’activités (migrant, personne isolée, famille enfance, handicap psychosocial, personne âgée, cadre de vie) et 250 salariés dans cinq départements, Audacia porte haut les couleurs de la solidarité. L’association a notamment beaucoup accompagné les ressortissants ukrainiens en exil à partir de février 2022. Quatre ans et demi plus tard, Audacia se trouve pourtant dans une situation financière inextricable. « Cela dure depuis 2023, année où nous avions enregistré un très gros déficit de 2,4M€, sur un budget de 30M€ à l’époque », commente Bernard Cornu, son président. Entre-temps, la structure s’est séparée de trois Ehpad et d’une résidence autonomie, a élaboré un plan de retour à l’équilibre en lien avec les services de l’Etat, qui arrive à échéance en 2027, et serre tous les boulons possibles. Environ 25 postes ont été supprimés principalement par des non-remplacements.
Mais cette rigueur pourrait ne pas suffire car les déficits successifs (-1,95M€ en 2024, -1,1M€ en 2025) ont fini par épuiser les fonds de réserve de l’association, qui se retrouve aujourd’hui en grande difficulté, sans aucune marge de manœuvre. « On a pu payer les salaires à la fin de chaque mois, mais le risque de cessation de paiement existe. » D’autant plus que la certification des comptes 2025 n’est toujours pas intervenue, ce qui met Audacia « en difficulté pour aller chercher des subventions auprès de [nos] financeurs ». Autre « cause » du malaise : l’arrêt du financement de certaines missions. Comme… l’accompagnement des Ukrainiens que l’Etat ne prend plus en charge depuis 2024. « Sauf qu’il reste une vingtaine ou une trentaine de familles en Haute-Vienne… On ne va pas les foutre à la porte, d’autant que ce sont ceux qui sont les moins autonomes », détaille Bernard Cornu.
Ajoutons à cela le litige avec les ex-salariés du Point rencontre 86 de Soelia -douze salariés licenciés-, ou encore le rattachement d’une majorité de salariés à la convention collective 66 (600 000€ à débourser), et vous obtenez un tableau très sombre. Audacia réclame au-delà un versement des subventions moins étalé sur l’année. « Les premières arrivent en mars-avril et les dernières en décembre, alors que nous payons nos salariés dès janvier. » « Personne ne conteste les résultats de notre travail, ajoute Jean-Marc Jouve, directeur général de l’association. Maintenant, l’amour, c’est beau, mais les preuves d’amour, c’est encore mieux. »
Dans ces conditions, comment l’avenir peut-il se dessiner pour les 250 personnes et, surtout, pour les 4 000 personnes accompagnées chaque année ? « Il y aura de grosses décisions à prendre dans les semaines à venir », répond le binôme. Suppression d’un pôle d’activité ? Reprise par une association nationale ou un groupe privé ? Mise en place d’une procédure de sauvegarde ? Audacia n’exclut rien à ce stade. Pour rappel, l’ex-Entraide poitevine a vu le jour le 26 septembre 1963.
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